CAPTER

Par: Yvan Amar et Anne-Cécile Bras

« Ah pardon, j’avais pas capté ! ». « On capte très mal, ici. Je te reçois très mal, sur mon téléphone ! »… Le verbe capter est très utilisé de nos jours, avec des sens et des usages fort différents. Mais bizarrement, avec un éventail de sens qui n’ont rien à voir avec ceux auxquels on nous avait habitués.

Le verbe latin captare, qui signifie prendre, attraper, nous a donné des mots qui évoquent l’emprisonnement et la détention : capture, captif, captivité…

Mais, cette racine a également donné des mots au sens plus positif : captiver, qui signifie d’abord faire prisonnier, mais aussi retenir l’attention de quelqu’un. Et captivant, c’est-à-dire passionnant – un livre, un film captivant…

La famille de mots a évolué vers des sens différents :
Sens technologique. Un capteur est un appareil qui attrape une certaine énergie, et la transforme, pour la rendre utilisable, « domesticable » : on parle ainsi de capteurs solaires.

On appelle aussi de cette façon des instruments qui relayent une information : sur les voitures modernes, on parle des capteurs qui, lorsqu’il pleut, font mettre en marche les essuie-glace, lorsque le soir tombe, allument les phares.

Et puis, on parle de capter à propos de ces appareils qui captent des ondes : on capte bien RFI à Ouagadougou. Les téléphones mobiles utilisent aussi ce vocabulaire (enfin… ceux qui parlent dans les téléphones, plutôt que les téléphones eux-mêmes…).

Enfin, l’argot contemporain emploie le verbe capter pour dire comprendre. Mais, plus pour dire comprendre une situation, une signification générale qu’un mot particulier… Jojo m’a fait un signe discret, et j’ai tout de suite capté : il valait mieux partir sans demander notre reste…



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