ETHIQUE

Par: Yvan Amar et Anne-Cécile Bras

Comité d’éthique, éthique médicale, éthique judiciaire, éthique de la vie politique… le mot s’entend beaucoup, sans qu’on sache toujours très bien à quoi il correspond. Et il est spécialement employé en ce moment à propos de la magistrature : que peuvent, que ne peuvent pas faire ceux qui jugent ? Où commence la corruption ? Où commence la manipulation de l’information ?

On a le plus souvent l’impression que l’éthique est à peu près synonyme de la morale. Bien sûr, les deux mots sont assez proches. La morale est la compréhension (on n’ose pas dire la science…) du bien et du mal, le fait de se déterminer par rapport à ces notions de bien et de mal. Et de façon très générale. La morale se construit par rapport à une responsabilité personnelle de l’individu. Par exemple, si Jojo a été aidé, hébergé, soutenu quand les choses allaient mal par son ami Alfred, il ne serait pas très moral que, quand les choses vont mieux, il lui prenne sa place dans son entreprise, dise du mal de lui par intérêt, etc. Ce Jojo n’a aucun sens moral. « Ça ne se fait pas… » Mais le plus souvent, on ne parlera pas d’éthique dans ce cas.

Le mot d’éthique, en ce moment, est plutôt réservé à un fonctionnement plus social. C’est la morale de la vie dans la cité, la morale des fonctions et des métiers. Cela concerne les limites qu’on va établir par rapport à certains exercices de la responsabilité, ou du pouvoir. Ainsi, parle-t-on d’éthique à propos des juges. Bien sûr, on n’a pas le droit de monnayer son jugement (ça c’est tout simplement de la corruption). Mais on ne devra pas non plus juger, si on a des liens avec ceux qui sont à la barre. Et puis, peut-on être juge et avoir une responsabilité dans un parti politique ? Peut-on être juge au tribunal d’une ville et maire de cette même ville… ? Ce sont des problèmes d’éthique.

Les problèmes d’éthique se spécialisant selon les domaines concernés, on crée même des termes qui les précisent : on parle de bioéthique pour envisager les limites qu’on doit assigner à la recherche médicale, notamment en génétique (problèmes de clonage, etc.).

Et il y a un autre mot savant qu’on entend souvent, la déontologie, qui désigne davantage l’éthique appliquée à un comportement individuel. Le secret médical, par exemple, le devoir de discrétion qui s’impose à un médecin par rapport à tout ce qu’il peut apprendre dans l’exercice de son métier sur la vie privée ou professionnelle de ses patients, fait partie de la déontologie.




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