LEGIONELLOSE & CO

Par: Yvan Amar et Anne-Cécile Bras

Drôle de maladie que cette légionellose dont on parle tant, en ce moment… Enfin « drôle »… Sûrement pas par ses effets, mais par son nom bizarre et qu’on peut expliquer…
La légionellose est une maladie récente, ou tout au moins sa découverte, son identification et sa nomination sont récentes.

C’est en 1976 qu’on l’observe pour la première fois de façon systématique, et ce à l’issue d’un congrès d’anciens combattants. Ça se passe aux Etats-Unis, à Philadelphie, et on observe un syndrome particulier chez ces anciens soldats.

Douleur thoracique, toux, embarras respiratoires… la maladie se traite assez efficacement par antibiotiques, mais elle est grave si elle n’est pas traitée.

Mais pourquoi légionellose ? C’est que les premiers patients observés étaient d’anciens légionnaires : le congrès était celui de l’American Legion, et les médecins et chercheurs ont donc nommé legionella pneumophilia, la bactérie découverte qui se développe dans un environnement d’eau de condensation de systèmes de climatisation ou de refroidissement. On a donc appelé la maladie légionellose, ou maladie du légionnaire.

Et, à ce propos, on notera que l’armée américaine emprunte souvent son vocabulaire à l’armée romaine : on y trouve des légionnaires et des légions.
La légion est l’unité principale de l’armée romaine. Et elle correspond à peu près à ce qu’on appelle régiment en français. Forte de plusieurs milliers d’hommes, elle est elle-même divisée en dix cohortes, trente manipules et soixante centuries… Les images et les mots de cette célébrissime armée romaine ont souvent inspiré des armées plus récentes. En France, on trouve une légion dans l’armée de François Ier.

Mais, c’est surtout avec la Révolution que la référence romaine est présente. En 1792, création de la légion franche étrangère, rebaptisée légion étrangère en 1832, qui accueille des volontaires de toutes nationalités sous le drapeau français, et qui est bercée de toute une légende, parfois turbulente, puisque traditionnellement les autorités militaires ferment les yeux sur le passé des recrues, qui sont plus ou moins à l’abri des poursuites judiciaires qui peuvent leur courir après. De là, le mythe du beau légionnaire qui sent bon le sable chaud…

Et comme la légion comprend chez les Romains entre 4 et 6 000 hommes, le mot légion a, par extension, signifié un grand nombre… Mais, de façon très littéraire… Et dans des emplois assez particuliers, notamment sans article : ils sont légion, ceux qui essaient de ne pas payer leurs contraventions…



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