LIVRE

Par: Yvan Amar et Anne-Cécile Bras

Verra-t-on beaucoup de petits livres rouges au Salon du Livre qui se déroule, en ce moment, à Paris ? Non vraisemblablement ! La vogue de ce livre est passée, et bien que la Chine soit le pays invité d’honneur du Salon 2004, le petit livre rouge s’y fait rare. Alors, pourtant, qu’il y a quelques années, le petit livre rouge se vendait en France… par milliers. Snobisme, effet de mode, réel intérêt pour la pensée de Mao ? Un peu les trois, probablement. Mais, l’expression « le petit livre rouge » est restée célèbre pour désigner ce recueil de pensées, d’aphorismes, d’analyses de Mao Tse Toung qui a servi de fétiche et de guide théorique à la révolution chinoise !

On ne va pas parler de tous les livres… mais on peut dire un mot, à l’occasion de ce Salon, de ceux qui se sont fait connaître par leur couleur.
Livre d’or, d’abord. On appelle ainsi un registre mis à la disposition des visiteurs pour qu’ils y consignent leurs impressions.
On peut en trouver dans une exposition de peinture, par exemple, ou même parfois à la sortie d’un spectacle, après la première (pas tous les jours… seuls les invités d’une représentation particulière seront invités à laisser leurs impressions). Ou encore dans un hôtel. Etrange destin pour une expression qui a d’abord désigné le registre qui portait le nom de tous les nobles vénitiens (1740), puis, cent ans plus tard, celui qui répertoriait les pairs de France sous la Restauration.

Les livres ont des couleurs depuis longtemps. Et certaines sont, d’ailleurs, oubliées : on parlait de livre jaune pour désigner le recueil de textes diplomatiques distribué au Parlement, sous la Troisième République. Mais son homologue était gris en Belgique, bleu en Angleterre, vert en Italie… Ces expressions sont aujourd’hui totalement désuètes, et n’ont de valeur qu’historique. Mais, on parle encore de livre blanc pour désigner un ouvrage qui tente de faire le point sur une question en rassemblant tous les témoignages qui existent sur le problème, pour servir de base de réflexion ou de travail. Et, par analogie, on parle de livre noir lorsque ces témoignages sont accablants. Mais dans ce dernier cas, l’ouvrage est en général polémique, et dénonce en les rassemblant toute une série de crimes, de dysfonctionnements, de bavures… La couleur noire sied bien à ce genre de dénonciations, et on se souviendra qu’autrefois, ce qu’on appelait un livre noir était un livre de sorcellerie.



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