ROCK

Par: Yvan Amar et Anne-Cécile Bras

Est-ce qu’on fête en 2004 les 50 ans du rock ? Il est toujours un peu arbitraire de donner des dates aussi précises à des phénomènes culturels. Mais c’est en effet autour de 1953-54-55 que se développe très rapidement un engouement immense pour un nouveau style de musique qui séduit la jeunesse américaine.

On a raconté mille fois l’une des scènes fondatrices de ce phénomène, un jeune adolescent blanc de 19 ans, Elvis Presley enregistre « à l’essai » une chanson à Memphis (Tennessee) dans le sud des Etats-Unis. Succès immense et imprévu. Toute la jeunesse blanche américaine s’identifie à ces quelques chanteurs très fortement inspirés de la musique populaire noire. Autour de Bill Haley, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins ou Buddy Holly se développe ce qu’on appelle le rock’n roll, bientôt abrégé en rock, alors qu’on parle aussi de rockabilly, mot qui condense l’étiquette d’une ancienne musique blanche le hillbilly et le mot rock.
Le verbe to rock en anglais signifie balancer ou bercer. C’est donc l’idée de mouvement régulier et rythmique qui est retenue. Ce qui n’est pas nouveau dans la musique populaire américaine : to swing veut également dire se balancer. Et to roll signifie rouler. L’association des deux mouvements évoque donc une sorte de tangage-roulis qui se prête à la danse, ou simplement au balancement rythmique qui accompagne cette musique. Mais le mot rock est présent dans un certain vocabulaire musical bien avant la mode du rock’n roll. Dès les années 30, on trouve le mot dans des titres de chansons, Rock them Pete, de Big Joe Turner était un encouragement du chanteur à son pianiste, Pete Johnson. Rockin’ in rhythm est un vieux succès de l’orchestre de Duke Ellington…

Le français accueille le mot dès 1955, à la fois dans sa forme complète, rock’n roll qui renvoie à ces premiers succès très proches du rhythm’n blues, et dans se forme abrégée, rock encore tout à fait courante aujourd’hui.
Le style de musique évolue donc, reste caractérisé essentiellement par l’emploi d’instruments électriques (guitares d’abord… puis toute sorte de lutherie électronique), et par une rythmique forte.
On lui trouve des dérivés : rockeur, rockeuse, à propos de musiciens, mais aussi d’une attitude générale, d’une mode vestimentaire, de coiffures etc.
Et puis le mot sert aussi en composition : jazz-rock , opéra-rock etc.


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