SEXISME

Par: Yvan Amar et Anne-Cécile Bras

Dans la région parisienne, dans le département de la Seine-Saint-Denis, commence demain, une campagne d’affichage, de rencontres, de débats qui veut souligner, dénoncer, faire diminuer les violences faites aux femmes. Campagne donc contre le « sexisme », et en particulier les « violences sexistes ». Alors qu’est-ce que le « sexisme » ? Le mot est facile à comprendre, d’autant qu’il a été formé sur le modèle de « racisme » : c’est une attitude de discrimination fondée sur le sexe, tout comme le racisme est une attitude de discrimination fondée sur l’origine ethnique. Et ce sexisme va toujours dans le même sens : celui d’une oppression des femmes par les hommes. Ce qui hélas recouvre un champ très large : il peut s’agir de violences corporelles – femmes battues, par un mari, un père, un frère, en vertu d’une toute puissance masculine culturellement tolérée ou même instituée.
Il peut s’agir de violence légale ou religieuse… interdiction à une femme d’exercer un métier, d’avoir une fonction sociale publique, d’avoir la même liberté que les hommes de se montrer, de se déplacer, de disposer de leur vie, de leur corps, de leur apparence… sanction prise en cas d’infraction à ces règles inégalitaires pour les hommes et les femmes (relations amoureuses, liberté du mariage…).
Enfin, il peut s’agir tout simplement de ce qu’on appelle le « sexisme ordinaire », de la même façon qu’on a pu parler du « racisme ordinaire »… réflexions ou attitudes banales, parfois d’ailleurs sans grande conséquence, mais qui dénotent toute une façon de penser, une conviction que les femmes sont, d’une certaine façon, inférieures aux hommes (« Ah ! Encore une femme au volant ! » « Moi, de toute façon, dans mon boulot, je ne pourrai jamais avoir un chef qui soit un femme ! » « On n’a jamais vu un homme laver par terre ; c’est un travail de femme ! », etc.)

Ce mot de « sexisme » a-t-il des synonymes ? Formé sur le modèle de « racisme », il désigne une attitude, une idéologie. Et l’adjectif qui se calque sur ce mot, « sexiste » se rapporte lui aussi plutôt à des comportements, à des propos, à des textes. On dira rarement de quelqu’un « il est sexiste ».
Alors qu’on dira facilement « il est machiste » ou « c’est un sale phallocrate » Le machisme renvoie davantage à des comportements individuels, des psychologies particulières (même si elles sont la résultante d’un système d’idées ou d’une culture en place) : on dit de quelqu’un « c’est un macho », c’est-à-dire qu’il se comporte de façon méprisante, supérieure, voire brutale avec les femmes. Le mot est d’origine espagnole, ce qui s’entend dans la prononciation du « ch ».
Quant à « phallocrate », il est formé bien sûr sur le modèle « démocrate », « aristocrate », etc. Et il renvoie au prétendu pouvoir du phallus…



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