DESCENDRE DU SINGE...

Par: Yvan Amar et Anne-Cécile Bras

Une table-ronde qui vient de se tenir au Palais de la Découverte à Paris, remet en mémoire cette phrase, qui n’a pas de réelle prétention scientifique, mais qui a été, à une époque, assez populaire : « l’homme descend du singe ». La phrase a donné lieu à de nombreuses plaisanteries… qui prouvent bien que, dans l’inconscient collectif, le singe représente, en effet, un humain un peu raté.

En tout cas, même si on sait maintenant que l’homme est plutôt cousin du singe que « descendant » du singe, cette formule a servi de slogan aux théories darwinistes et à la pensée de l’évolution.

Le verbe « descendre », dans ce sens, détermine une génération, une filiation.

Et bizarrement, il s’emploie peu, au sens figuré, dans cette acception : on ne dit pas « Ravel descend de Rameau ».

« Descendre » s’emploie donc surtout en ce qui concerne un genre, une espèce… L’homme, dans notre exemple, signifie le genre humain.

Mais, « descendre » s’emploie aussi bien pour les peuples… les Romains descendaient des Troyens, d’après la légende…

Mais, ce verbe « descendre » s’emploie essentiellement à propos des familles et notamment des dynasties : « je me demande si Florence et Nathalie Capet descendent de Hugues Capet »…
Alors mes enfants sont-ils mes « descendants » ? On emploiera peu le mot pour une filiation si proche… comme c’est évident, on ne le dit pas ! En revanche, on pourra se demander si telle épouse d’un président de la République « descend » ou non de Louis XV. Les « descendants » sont donc tous ceux qui sont nés des enfants des enfants… etc. Et on parle alors de « descendants » directs ou indirects.

Dans l’autre sens bien sûr, on parle d’ « ascendants »… Mais, le mot est un peu abstrait…
On parle aussi d’ « ancêtres » et d’ « aïeux »…
« Ancêtre » s’emploie uniquement pour des « ascendants » assez lointains… qu’on n’a pas connus…
« Aïeux » a plusieurs emplois : parfois le même qu’ « ancêtres »… sauf que lorsqu’on parle d’ « aïeul », on est toujours davantage dans une logique familiale (on n’a jamais dit « nos aïeux les Gaulois »…)
Et il faut mentionner de double pluriel d’ « aïeul », et son double sens : « aïeul » veut parfois dire simplement grand-père… Et il a alors un pluriel en « s » : mes « aïeuls », maternel et paternel… Mais quand « aïeul » signifie de façon plus lointaine et plus vague « ascendant », il a pour pluriel « aïeux ». Et il est plus littéraire, plus rare et même parfois ironique : « Mes aïeux ! »



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