COUDE A COUDE

Par: Yvan Amar

C’est encore l’élection américaine qui nous fournit notre mot d’actualité, ou plutôt notre expression. Il est vrai que cette actualité-là est lourde, et que les clichés auront été nombreux autour de l’événement… En tout cas, elle s’est jouée au coude à coude. C’est qu’elle a été très serrée, avec deux candidats dont le départage n’a pas été aisé. C’est pourquoi on entendait dire que les deux candidats étaient au « coude à coude »…

Il s’agit, en fait, d’une image sportive… celle de deux coureurs dont aucun n’a vraiment devancé l’autre… Ils sont donc côte à côte, mais cette dernière formule est plus banale… et surtout, elle s’utilise sans qu’on coure forcément : on peut marcher côte à côte. Coude à coude, on ne peut que courir…

Maintenant, il faut bien que l’un des deux soit déclaré vainqueur. Et quand cette victoire se décide d’extrême justesse, on dit qu’elle est courte. Pourquoi courte ? Ce n’est pas la durée du mandat qui va se décider en proportion des voix d’avance du vainqueurs : quatre ans, c’est quatre ans. Mais, là encore, on est renvoyé à une image sportive : le perdant n’est qu’à une très courte distance du vainqueur.

Et l’adjectif va glisser, pour qualifier la victoire elle-même : une courte victoire.
A tel point qu’on dit souvent « il a gagné d’une courte tête ». On a, là, le même procédé rhétorique : ce n’est pas le tête qui est courte. Mais la tête dont il s’agit, c’est celle du cheval, lancé dans son effort qui, le premier, a franchi la ligne d’arrivée, les oreilles rabattues par le vent. C’est donc au sport hippique qu’il est fait référence. Et gagner d’une courte tête… c’est presque gagner d’un cheveu !



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