HOME

Par: Yvan Amar

Home, sweet home ! C’est le nom d’une pièce de théâtre, à l’affiche en ce moment à Paris, au Théâtre de la Porte Saint Martin… Un titre anglais pour une pièce en français… Mais n’importe ! Tout le monde a compris. En effet, cette expression anglaise est presque passée en proverbe en français ; on la cite sans la traduire, aussi souvent presque que les Anglais peuvent la citer… « Maison, douce maison »… « Foyer, cher foyer… » « Chez soi, tendre chez soi… » Voici quelques traductions possibles de l’expression qui exprime si bien l’agrément de retrouver et de reconnaître en même temps sa maison. Car cette exclamation vous échappe au moment justement où l’on se retrouve chez soi… Et même, au moment où l’on se retrouve (soi-même) du fait d’être chez soi… Jubilation presque physique de ces retrouvailles, qui évoque le moment exquis où l’on pose son sac, où l’on se glisse, au milieu des siens, dans une enveloppe voluptueuse à force d’être familière !

L’expression, disait-on, est anglaise… Et non seulement, elle est anglaise, mais elle porte un certain nombre de caractères que les Français prêtent aux Anglais… Ce « home, sweet home » va de pair avec une certaine idée du confort, du douillet. Et c’est peut-être pour ça que l’expression ne se traduit pas… Home encore est traduisible… mais l’association sweet home… c’est une autre paire de manches…
Un mot encore sur le mot home qui, en anglais, désigne la maison… Un mot d’origine germanique, apparenté à un autre mot de l’ancien anglais, ham, qu’on retrouve dans de nombreux noms de villes ou de lieux : Tottenham, Birmingham… Et qu’on retrouve en français dans le mot hameau, de la même famille… et qui désigne un petit regroupement de maisons… Pourtant, le mot hameau n’a pas pris en français le sens de maison familiale, d’unité d’habitation de la famille.

Alors que l’anglicisme home s’est implanté en français dans quelques autres usages, même s’ils sont peu fréquents et même un peu vieillis… home d’enfants, par exemple, qui désigne une sorte de colonie de vacances de luxe, ou même un genre de pension…
Si home se traduit… par quoi le traduit-on ? Parfois par foyer…
Ce mot bien français nous vent du latin focarius qui désigne d’abord l’endroit où on allume un feu dans une maison… endroit fortement marqué symboliquement : feu domestique, qui réchauffe, permet de manger… qui brûle si on est trop près… mais autour de quoi peut s’ordonner le groupe… Le foyer est donc depuis longtemps associé à la famille… Comme en témoigne l’expression « fonder un foyer » (= fonder une famille… se marier et donc éventuellement être légitimé à avoir des enfants…) Ou comme en témoignent également des expressions administratives restées en usage : foyer fiscal…
Le foyer recouvre donc les mêmes échos bienheureux et chaleureux que le home anglais… Mais, il est décidément plus collectif et plus familial… alors qu’un vieux célibataire endurci peut très bien rentrer avec délice dans son solitaire mais tiède home.



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