SEMAINE

Par: Yvan Amar

C’est aujourd’hui que commence la Semaine de la langue française… Ce dont on pourrait s’étonner : nous sommes jeudi… Cette semaine est donc située à cheval sur deux périodes hebdomadaires que, traditionnellement, commence le lundi pour finir le dimanche. Mais, il est évident que cet agencement est tout à fait culturel, et ne repose sur aucune réalité naturelle ou mathématique… Mais, on sait bien que tous les calendriers sont des fondements culturels primordiaux…

Alors une semaine, qu’est-ce que c’est ? Dans l’exemple qu’on vient de prendre, il est évident qu’il s’agit d’une période pendant laquelle un thème particulier est à l’honneur : manifestations, bilan et perspectives autour de la langue française, sept jours pour illustrer, glorifier, et jouer avec la langue française… C’est, si l’on veut, une extension de la journée… Journée des femmes dont on parlait il y a quelques jours… ou une réduction de l’année… Année du Brésil en France, année des Droits de l’Homme, année Beethoven… Et, en fait, c’est bien à ça que servent les calendriers : à rythmer le temps qui passe, à faire que les divisions égales du temps ne soient pas identiques…

Alors, revenons à notre semaine… Le mot vient du latin septimana, qui dure sept jours, relatif à sept… Traditionnellement donc, elle va du lundi au dimanche, et donne un tempo au rituel religieux, puis social… En Occident, en général, on ne travaille pas le dimanche… ni parfois le samedi… Durant le week-end, on se repose… et cet anglicisme week-end s’explique du fait que l’habitude nous en vient d’Angleterre. Au point d’ailleurs qu’on appelait « semaine anglaise » cette organisation du travail. Et l’expression « en semaine » signifie couramment aujourd’hui du lundi au vendredi, pendant la semaine… mais à l’exception de la fin de semaine.

La répartition des jours où l’on travaille et des autres est déterminante dans la façon dont on utilise le mot… Ainsi, se souvient-on de la semaine des quatre jeudis… la semaine qui n’existe pas (Cf Aux Calendes grecques, ou à la Saint-Glinglin…) qui s’explique lorsqu’on se souvient que naguère, le jeudi était le jour de repos des écoliers en milieu de semaine… et que donc, la semaine des quatre jeudis aurait été celle où on avait quatre jours de repos qui se multipliaient en son beau milieu..

Autre expression un peu ancienne et savoureuse : à la petite semaine... qui veut dire… sans grand dessein, sans idée générale… Et ça s’emploie surtout quand veut dire du mal d’une politique menée au jour le jour... qui ne vise pas loin. Comment expliquer l’expression ? Elle vient d’une pratique usuraire… lorsqu’on prêtait à très court terme, et à un taux très élevé, pour spéculer sur la misère du monde…



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