PLAGE

Par: Yvan Amar

Paris-plage est reparti… Et pour la quatrième fois, les berges de la rive droite de la Seine, entre le Louvre et le quai de la Râpée, sont aménagées sur quelques kilomètres pour accueillir Parisiens et estivants… Sable, transat et parasols… Un certain nombre d’ingrédients typiques de l’été et des vacances sont rassemblés, artificiellement, pour qu’on puisse musarder, bronzer, se baigner, jouer au ballon… faire comme si on était à la plage, en fait… Et pourquoi pas… être à la plage pour de vrai. Une plage reconstituée… c’est ainsi qu’on pourrait donc résumer cette opération. Elle a eu tant de succès qu’elle est copiée par de grandes capitales tout autour du monde. Mais aussi, à un échelon plus modeste, par d’autres municipalités françaises. Notamment, en banlieue parisienne. C’est ainsi qu’on entend parler de Bagnolet-plage, de Pantin-plage et de La Courneuve-plage… Ce qui montre que, non seulement, l’idée essaime mais que la dénomination fait école également.

Alors Paris-plage… est-ce la plage de Paris ? C’est bien le sens de cette expression : la plage à Paris ; la partie de la ville qui est une plage, ou y ressemble…
Et cette façon de dire se retrouve dans de nombreuses villes qui sont des stations balnéaires (où l’on va se baigner, donc…), et dont une portion est toute orientée vers les flots. On a même eu un Paris-plage plus ancien que celui de Bertrand Delanoë : Le Touquet-Paris-plage, station prisée des vacanciers français et anglais depuis plus d’un siècle, et qui trouvait chic d’adopter cette dénomination. Ça faisait parisien, et ça vous posait comme étant la plage la plus proche de Paris (ce qui est faux kilométriquement).

Alors qu’est-ce qu’une plage ?
Le mot est d’abord géographique, voire nautique : c’est un rivage en pente douce qui interdit aux bateaux de s’approcher trop de la côte. En bref, c’est le contraire du port. Puis, c’est un rivage où les vagues viennent mourir. Enfin, c’est le bord de mer, la mince bande où l’on peut se poser lorsqu’on décide de profiter de la baignade et d’avoir, malgré tout, un endroit où poser ses affaires et parfois même son corps las…
Le mot s’associe, donc, à l’idée de vacances, de farniente et de douce indolence. La plage, par excellence, est la plage de sable. Et, pour en rajouter, on précise même parfois : plage de sable fin : douce aux pieds, accueillante pour la sieste et le bronzage… Avec tous les jeux qu’on y pratique, châteaux de sable, ricochets sur l’eau, et parfois un anglicisme : beach volley… On est parfois amené à préciser plage de galets, plage de graviers. Et le mot a eu un dérivé qui montre bien qu’il était devenu un élément essentiel d’un phénomène de société : le plagiste, toujours souriant, toujours bronzé.



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