CINEMATHEQUE

Par: Yvan Amar

Une nouvelle cinémathèque à Paris, inaugurée avant-hier officiellement, et qui ouvre ses portes aujourd’hui… c’est un événement, qui fait entendre plus souvent qu’à l’ordinaire le mot compliqué de cinémathèque. Qu’est-ce que c’est donc que cette nouvelle cinémathèque ? Un lieu culturel, un peu mondain en ce moment parce qu’il est tout neuf, où l’on se presse pour voir l’exposition consacrée aux Renoir père et fils, le père, peintre impressionniste et le fils cinéaste… Mais sans ça, la cinémathèque… c’est un cinéma, tout simplement. Un cinéma comme les autres ? Pas vraiment… Un cinéma du service public qui montre des films anciens ou modernes mais réputés relativement rares, qu’on ne voit pas souvent, et qu’on projette, en général, autour de différentes thématiques… Un cinéma donc qui, d’abord, n’est pas soumis aux aléas de la rentabilité, ni aux caprices du marché, ou aux sorties des films récents. Mais qui montre des films, un peu comme un musée montre ses collections et organise des expositions temporaires. La cinémathèque est donc le temple des cinéphiles et de la cinéphilie… C’est-à-dire ? De l’amour, que dis-je de l’amour, de l’intérêt qui se transforme en culte, pour le cinéma. On y voit donc des maniaques, qui arrivent en avance, s’assoient toujours à la même place, savent déjà tout sur le tournage, les acteurs, le troisième assistant au montage… du film qu’ils ont déjà vu sept fois…

Ils sont à la Cinémathèque, non pas dans une cinémathèque : la Cinémathèque française, historique, qu’on a connue Avenue de Messine, au Palais de Chaillot, et qui est maintenant rue de Bercy, dans l’est de Paris.

Pourquoi « cinémathèque » ? On a formé ce mot, qui n’est pas récent (il apparaît en 1921) sur le modèle de bibliothèque, bien sûr. Bibliothèque : endroit où l’on conserve des livres, et où le public peut les consulter, les emprunter parfois. Mais, le mot s’emploie également à propos d’une bibliothèque personnelle… et il signifie alors collection de livres, ensemble des livres que l’on possède. Enfin, le même mot peut voir son sens s’étendre à la pièce, voire au bâtiment où ces livres sont gardés.

Le mot « bibliothèque » est formé à partir du grec. « Biblios » c’est le livre. Quant à « théqué », c’est un mot qui signifie, au départ, coffre, case, endroit de rangement, et même parfois, tombe… un endroit où l’on garde des objets pour longtemps donc... qui a permis de former ce mot qui évoque le rangement des livres. Ou le rangement, la possession, la conservation des films pour cinémathèque…

Cette formation à partir de –tèque est très productive aujourd’hui. On a fait médiathèque, depuis que les bibliothèques prêtent à leurs usagers des revues, des journaux, des disques, des films… La vidéothèque est l’officine spécialisée dans le prêt des cassettes de films : on ne voit pas les films, comme à la cinémathèque : on les emprunte seulement.

Quant à la discothèque, son destin est plus libre encore : le mot peut désigner un service de prêt de disques. Mais, le plus souvent, il désigne le lieu où l’on va écouter de la musique, danser, passer ses nuits blanches.


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