GOAL

Par: Yvan Amar

« Goal ! » C’est le titre d’un film qui sort aujourd’hui en France. Je ne suis qu’à moitié dans le vrai lorsque je dis ça, puisque le titre complet du film est « Goal ! Naissance d’un prodige ». Ce n’est pas pour faire remarquer la fréquence des titres en anglais dans les sorties de films en France : si j’avais voulu le faire, j’aurais eu meilleur temps de mentionner : Don’t come knocking, de Wim Wenders, The descent, de Neil Marshall ou Be with me, d’Eric Khoo. On notera d’ailleurs que tous ces films ne sont pas forcément d’origine anglo-saxonne, bien qu’ils sortent avec un titre en anglais. Mais, on ne me fera pas dire que je jette l’anathème sur cette langue : le français est déserté pour bien d’autres idiomes, et je suis bien sûr que le film dont le titre étranger a été le plus remarqué est « In girum imus nocte et consumimur igni ». Et c’est de plus un Français qui est responsable de cette trahison…

Mais, revenons à notre goal ! Est-ce vraiment un mot anglais ? Il y a bien longtemps qu’il est rentré dans nos oreilles, grâce au succès d’un autre anglicisme, le football !
En anglais, le sens général de « goal » est but… Dans le sens, but à atteindre… but qu’on s’est fixé… Mais, toujours en anglais, le mot a acquis le sens de limite, ligne au-delà de laquelle, entre deux poteaux, le ballon ne doit pas aller… et s’il y va… l’équipe qui l’y a envoyé marque un but… Inutile de vous faire un dessin… vous savez ce que c’est qu’un but. La langue anglaise a donc formé l’expression « goal keeper », pour désigner la fonction du joueur qui gardait le but… Et en français, on a commencé par conserver ce mot, en le raccourcissant… non pas « goal keeper »… mais « goal » tout court.. Mais, il faut bien reconnaître que ce mot de goal fait un peu vieux, même s’il est encore utilisé et compris. C’est le football de Papa : le goal du siècle, c’est Yashin… Mais Barthez… il est plutôt gardien : aujourd’hui, on parle davantage de gardien de but… ou dans le feu de l’action, de gardien tout court. Est-ce pour suivre les recommandations des pourfendeurs de la langue anglaise ? Ça m’étonnerait, et l’évolution semble plus spontanée que ça ! Mais le mot goal, on l’entend encore, ou tout au moins, on le comprend, comme une interjection. Et là encore, c’est une influence anglo-américaine : on dit « goal ! » pour dire « but ! », lorsqu’un but est marqué. Ou si on ne le dit pas, du moins, on le comprend. Et c’est ce qui explique et détermine le titre du film qu’on mentionnait tout à l’heure.

Et de toutes façons, ce mot de goal s’entend encore dans l’expression plus technique de goal average, prononcé à la française, ou quasiment, qui désigne la différence entre le nombre de buts marqués et le nombre de but encaissés à un certain moment de la saison, ce qui permet parfois de départager deux équipes ex-aequo.



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