BARRE

Par: Yvan Amar et Evelyne Lattanzio

Y.AMAR : Henriette a eu un peu de mal à entrer au lycée : ils
avaient placé la barre très haut.

E.LATTANZIO : C'est-à-dire qu'ils demandaient un niveau très élevé
pour admettre les élèves. "Placer la barre très haut", l'image
bien sûr vient du sport, du saut en hauteur. La barre est celle
au-dessus de laquelle il faut sauter. Chaque fois qu'un sauteur a
réussi à la franchir, on la remonte. Si, au départ, elle est
placée très haut, il est difficile de concourir. Et au figuré, le
sens est évident.

Y.AMAR : Dans le même ordre d'idée, on "atteint" la barre, ou on
"franchit" la barre. Ça renvoie souvent à un contexte de chiffres
et de calcul. Le nombre de chômeurs a atteint la barre des trois
millions, par exemple, dans tel ou tel pays.

E.LATTANZIO : C'est donc une sorte de triste record. Mais être
"au-dessous" de la barre est une autre image, qui vient, elle, de
la viticulture. Jadis, en effet, une barre de bois transversale
étayait les tonneaux par le milieu. Le vin qui était au-dessous de
cette barre risquait donc d'être de médiocre qualité.

Y.AMAR : Mais "avoir barre sur quelqu'un" a un sens différent :
c'est avoir un moyen de pression, comme un chef du personnel qui,
à la fin de l'année, note chacun des employés. Et grâce à cela, il
a barre sur eux, comme s'il faisait peser sur eux une sourde
menace.

E.LATTANZIO : Cette barre-là vient encore d'autre part, d'un
ancien jeu de poursuite, où l'on avait "barre" sur son adversaire
lorsqu'on franchissait une certaine limite, une barre, pour le
poursuivre.

Y.AMAR : Terminons avec "être à la barre", image maritime : la
barre commande le gouvernail, sur un bateau. Etre à la barre,
c'est donc diriger.

C'était Parler au Quotidien, une émission proposée par le Centre
National de Documentation Pédagogique ...

E.LATTANZIO : ... Et par RADIO FRANCE INTERNATIONALE.

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