CHASSE A COURRE

Par: Yvan Amar et Evelyne Lattanzio

Y.AMAR : La chasse est ouverte depuis un certain temps maintenant,
mais ce n'est pas pour cela qu'on voit couramment "la chasse à
courre".

E.LATTANZIO : C'est-à-dire des choses qui se pratiquent en groupe,
à cheval, avec également des meutes de chien, ainsi que toute une
infanterie de rabatteurs, de piqueurs, etc ...

Y.AMAR : On a compris que la chasse à courre était une chasse de
luxe, un vestige de l'Ancien Régime.

E.LATTANZIO : Mais pourquoi "à courre" ? C'est que courre est un
infinitif ancien qui correspond à peu près à notre "courir"
moderne. Pourquoi "courre" ? C'est aussi parce que les chasseurs
sont secondés par des chiens courants.

Y.AMAR : On chasse en général de l'assez gros gibier : cerf,
biche, chevreuil. Et ces bêtes, quand elles finissent par être
traquées, entourées par les chiens, sont "aux abois".
L'expression, qui évoque l'aboiement des chiens est aussi utilisée
au figuré : on est aux abois lorsqu'on est cerné par ses ennuis
(ou par ses ennemis), lorsqu'on est sur le point de céder à la
panique, car on n'a plus de solution de rechange.

E.LATTANZIO : C'est alors que retentit "l'hallali", une sonnerie
de cor, qui prélude à la fin du cerf. Ce mot peut également être
entendu au sens figuré, mais le cas n'est pas très fréquent : ça
fait un peu image journalistique forcée.

Y.AMAR : Enfin, une fois que la bête est dépouillée, c'est la
"curée", la distribution des bas morceaux aux chiens, et au
figuré, la lutte pour arracher quelques avantages rendus
disponibles par la disgrâce ou la mort de quelqu'un d'important.

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