SUPERSTITION

Par: (pas credité)


Y.AMAR : "Je ne suis pas superstitieux, ça porte malheur!" Vous
connaissez cette blague, elle est de mise un vendredi 13.

E.LATTANZIO : car nous sommes vendredi 13! Etes-vous content,
inquiet ou indifférent ? Si vous êtes indifférent à cette date,
c'est que vous n'êtes pas superstitieux. Dans le cas contraire,
vous imaginez que ce vendredi 13 pourrait bien vous porter bonheur
ou malheur. Cet exemple du vendredi et du 13 n'est que l'une des
très nombreuses situations qui peuvent être interprétées en
fonction d'une "superstition".

Y.AMAR : Il ne s'agit pas seulement d'un hasard de calendrier (qui
de plus revient mécaniquement une ou deux fois par an), mais d'un
signe, d'un détail qui a un sens, pour celui qui sait le lire et
le comprendre, et qui ainsi anticipe sur la suite des évènements.

E.LATTANZIO : Un chat noir, une échelle sous laquelle on passe
sont de "mauvais augure". Par contre, trouver un fer à cheval (et
c'est devenu rarissime depuis le développement de l'automobile),
ou un trèfle à quatre feuilles présage une heureuse suite des
évènements (vendredi 13, qu'on peut déchiffrer dans un sens
positif ou négatif, est un cas à part).

Y.AMAR : Donc les signes liés à des superstitions "portent"
malheur ou bonheur. Lorsqu'ils sont positifs, ils portent bonheur
ou portent chance. Dans le cas contraire on dit qu'ils portent la
"guigne" ou la "poisse".

E.LATTANZIO : "Guigne" vient de l'ancien verbe "guigner" =
loucher, faire signe de l'oeil. "Guignon" désigne un coup d'oeil
oblique et défavorable qui se rattache à l'idée de jeter le
mauvais oeil.

Y.AMAR : "Poisse" c'est d'abord le nom d'un fagot enduit de poix
(c'est-à-dire de colle) et c'est devenu synonyme de malchance
persistante, qui vous colle à la peau, dont on n'arrive pas à se
débarrasser (début du siècle, dans l'argot des coureurs
cyclistes). De toute façon le mot a toujours eu mauvaise presse,
et a désigné tour à tour la misère, le voleur puis le "maquereau",
probablement par ce que la poisse faisait penser à poisson.

E.LATTANZIO : Maintenant, quand on est vraiment superstitieux,
c'est-à-dire quand on croit au pouvoir de certains actes, ou de
certains signes, on peut essayer de se prémunir contre la
malchance, de conjurer les signes funestes, voire de s'attirer les
bonnes grâces de la Providence. On recourt alors à des
porte-bonheur, de petits objets qu'on a sur soi, et qui éloignent
les mauvaises influences.

Y.AMAR : Les amulettes (origine inconnue) qui souvent tiennent à
la fois du porte-bonheur et du bijou (on est peut-être d'ailleurs
à l'origine de la fonction du bijou).

E.LATTANZIO : Le talisman : mot bizarre, qui vient de l'arabe,
mais avant du grec, et qui nous fait remonter au mot "télos" :
mort, mais aussi but, accomplissement.

Y.AMAR : Le grigri (ou gris-gris), mot d'origine africaine, mais
qui n'a rien à voir avec griot.


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