DECHET

Par: (pas credité)


Y.AMAR : Sortez vos loupes pour être dans le coup : c'est
aujourd'hui que s'ouvre la grande enquête sur un projet
d'implantation à La Chapelle-Bâton d'un laboratoire souterrain de
recherches pour le stockage des déchets nucléaires.

E.LATTANZIO : Les déchets, ah! les déchets! le voilà bien le
problème majeur auquel est confrontée la jeune génération et qui
plane sur l'avenir chargé de lourds nuages.

Y.AMAR : Déchet, un mot qui n'a rien de vulgaire, même s'il sert,
de loin en loin, d'appellation méprisante (un déchet, un déchet
humain = un type qui est tombé bien bas). Le mot n'est pas
vulgaire, mais il est vague. Il peut désigner toutes sortes de
choses, qui ont en commun leur fonction, ou plutôt leur
non-fonction. Les déchets c'est ce dont on ne se sert pas, ce qui
encombre et ce dont on doit se débarrasser.

E.LATTANZIO : Parfois, c'est simplement la quantité perdue dans
l'emploi d'un produit, ou ce qui tombe d'une matière quand on la
travaille (les copeaux de bois). Bien sûr, tout ça évoque les
excréments (ça a d'ailleurs été l'un des sens du mot, à l'époque
classique), en tout cas quelque chose qu'on n'ose pas toucher,
dont on ose à peine parler.

Y.AMAR : Toutes ces nuances demeurent attachées au mot lorsqu'on
parle aujourd'hui de déchets industriels, de déchets nucléaires,
de déchets radioactifs (qui proviennent du fonctionnement des
réacteurs nucléaires) spécialement embarrassants, tenaces
(indégradables) et dangereux.

E.LATTANZIO : Citons l'euphémisme "traiter les déchets" qui
englobe différents sens : les éliminer, les transformer pour les
rendre inoffensifs, les stocker de façon sûre. Il y a donc toute
une batterie de mots qui désignent les récipients qui accueillent
ces déchets.

Y.AMAR : Commençons par le plus récent "déchetterie", et
l'Académie Française se paie la coquetterie d'écrire "déchèterie",
avec un seul "t" : centre ou grand réceptacle libre d'accès pour
le public pour le dépôt sélectif de déchets, en général avec le
souci de recycler ces déchets.

E.LATTANZIO : "Boîte à ordures". Notons que dans cette expression,
ordure perd peu à peu toutes ces connotations ordurières, en tout
cas morale. Le mot est presque propre.

Y.AMAR : Et l'incontournable "poubelle" (sauf si on se prend les
pieds dedans - aussi bizarre que ça paraisse, je crois qu'on n'a
jamais traité le mot en dix ans de Parler au Quotidien, tellement
il est tentant de le faire). Il est donc plus que temps de rendre
grâce à Eugène-René Poubelle, Préfet de la Seine, qui , le 15
janvier 1884, imposa la pratique de la boîte à ordures d'immeubles
à Paris.


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