LA GLISSE

Par: (pas credité)


E.LATTANZIO : On parle maintenant, aux sports d'hiver, des
"nouvelles glisses" : monoski, surf des neiges, etc. On célèbre
maintenant la "nuit de la glisse" et ce terme de glisse englobe
des sports bien différents comme le surf, le ski nautique, etc.

Y.AMAR : "La glisse"! Ce nom commun est une création récente,
familière, qui n'est peut-être pas destinée à durer et qui
appartient plutôt au langage parlé. Pourtant il a une certaine
autonomie : on parle des sports de glisse.

E.LATTANZIO : La formation est simple : à partir d'un verbe du
premier groupe (en -er) on supprime le "r" final. On obtient ainsi
un nom terminé par un "e" muet, dont on va faire un substantif
féminin.

Y.AMAR : Cette formation se retrouve dans d'autres exemples
récents et familiers : la gagne (esprit combatif et confiance dans
une issue victorieuse, vocabulaire sportif).

E.LATTANZIO : La "grande bouffe" et la "grande bronze".
Souvenons-nous du film de Marco Ferreri (1973) qui a beaucoup fait
pour populariser ce processus.

Y.AMAR : On a d'autres exemples familiers dont le sens renvoie
souvent d'ailleurs à un certain laisser-aller ou à un caractère
non officiel, voire clandestin, illicite ...

E.LATTANZIO : La déglingue ...

Y.AMAR : La débrouille ... La cambriole ...

E.LATTANZIO : L'arnaque ... Ce dernier mot étant bien plus
installé dans le vocabulaire.

Y.AMAR : Terminons avec la "grogne", qui a un sens particulier, et
qui a de l'ancienneté (il date du 14ème siècle).

E.LATTANZIO : Le sens d'"être grognon", c'est-à-dire de mauvaise
humeur et de le montrer (vocabulaire volontiers enfantin) a été
éclipsé par un sens plus collectif : le mécontentement de toute
une corporation, une profession (agriculteurs, police, enseignants
...) Idée d'un mécontentement sourd, qui peut facilement éclater
mais qui est encore contenu.

Y.AMAR : L'aspect onomatopéique du mot est bien sûr important,
d'autant qu'il est proche d'autres mots : hargneux, hargne ...


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