RADICAL

Par: (pas credité)


Y.AMAR : Le Parti Radical Socialiste est un parti assez neuf encore,
et pourtant son nom évoque des souvenirs républicains bien anciens.
Un peu d'histoire récente : ce parti n'existe sous cette forme que depuis
moins d'un an.

E.LATTANZIO : Son prédécesseur s'appelait "Radical", tout
simplement, parti marqué par l'image de Bernard Tapie. Mais dans
la famille radicale, les ressemblances de noms et les rivalités
sont fréquentes.

Y.AMAR : "Radical" était plutôt classé sur la gauche de
l'échiquier politique, au centre gauche. Au centre droit, donc lié
à une famille politique opposée, on trouve le Parti Radical
Valoisien, membre de l'UDF, dont le Président, André Rossinot
avait porté plainte contre Radical, pour l'empêcher de porter ce
nom. Le 26 mars 1996, la Cour d'Appel de Paris avait contraint
Radical à changer de nom.

E.LATTANZIO : Mais, avant la naissance de Radical, existait le MRG,
Mouvement des Radicaux de Gauche, et avant celui-ci de nombreuses
autres organisations avaient choisi cette bannière.

Y.AMAR : Première trace : fondation en 1871 du Radical, journal
politique de gauche. Puis création en 1901 du Parti Radical, futur
Parti Radical Socialiste. On voit que le nom actuel du Mouvement
renoue avec une tradition tout spécialement liée à la naissance de
la IIIème République : le Parti Radical s'est d'abord illustré
dans la défense des valeurs républicaines et laïques.

E.LATTANZIO : Graduellement, son ancrage politique s'est déplacé
vers le centre, dont il a fini par incarner l'idée. Image d'un
parti très modéré, parfois un peu frileux, parfois même lié aux
compromissions qui ont affecté la IIIème République. On les
affuble de quelques surnoms : les "rad-soc" mais aussi les
"radis", d'où certaines railleries : roses à l'extérieur, blancs à
l'intérieur et toujours près de l'assiette au beurre.

Y.AMAR : Remarquons également que l'évolution de la philosophie
radicale s'est faite au rebours du sens premier du mot. Une
attitude radicale est une attitude tranchée, intransigeante, sans
concession. C'est le contraire de la demi-mesure ou du replâtrage.
Une solution radicale règle le problème de façon totale,
définitive. Dans le vocabulaire politique, le mot a gardé cet écho
extrémiste dans quelques emplois.

E.LATTANZIO : Le verbe "se radicaliser" qui signifie durcir ses
positions, évoluer vers une attitude plus tranchée.

Y.AMAR : Dans certains contextes étrangers, aux Etats-Unis, ceux
qu'on appelle les radicaux, c'est l'extrême-gauche.


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