ADIEU

Par: (pas credité)


E. LATTANZIO : A Hong-Kong vient d'avoir lieu le premier déjeuner
d'adieu, offert par la Chambre de Commerce britannique au
gouverneur, Chris Potter.

Y. AMAR : Ce sera le premier d'une longue série : on sait en effet
que le premier août 1997, Chris Potter, pour de bon, fera ses
adieux à Hong-Kong.

E. LATTANZIO : Il dira donc (en anglais, ou en chinois peut-être,
mais certainement pas en français, mais qu'importe ! c'est le
français qui nous intéresse), il dira donc adieu à cette Chine
qu'il aura tant aimée.

Y. AMAR : Adieu est une formule de séparation fort ancienne dont
on comprend facilement l'origine : "à Dieu".

E. LATTANZIO : C'est au Moyen-âge une formule de recommandation à
Dieu, qui sert aux rencontres comme aux séparations. La formule
s'est soudée assez tôt puisqu'au 15ème siècle on parle déjà de
"dire adieu", "faire ses adieux" etc.

Y.AMAR : Ce n'est qu'au 19ème siècle qu'on invente la nuance qui
oppose adieu à au revoir.

E. LATTANZIO : Au revoir sanctionne une séparation provisoire,
exprimée comme telle (cf."A la revoyure, familier).

Y. AMAR : Adieu a été faussement compris comme signifiant "nous ne
nous reverrons que devant Dieu".

E. LATTANZIO : "Faire ses adieux", "les adieux", désignent non
seulement un acte mais tout une scène - voire une scène de genre,
codifiée.


Y.AMAR : Souvent amoureuse, toujours affective et touchante, elle
apparaît dans l'histoire (Napoléon et Fontainebleau) comme dans la
littérature.

E. LATTANZIO : Faire ses adieux signifie également qu'on abandonne
officiellement quelque chose - en particulier une carrière
artistique : une dernière pièce pour faire ses adieux à la scène ;
un dernier tour de chant pour faire ses adieux au music-hall.




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