PLURIEL DES NOMS PROPRES

Par: (pas credité)


Y. AMAR : La nuit des Molières ou la nuit des Molière ? On écrit les deux.
Mais on a tendance à écrire sans "s", les Molière.

E. LATTANZIO : Remise des Oscar ou des Oscars ? Le "s" vient plus
facilement sous la plume.

Y. AMAR : Qui a tort, qui a raison ? Personne vraiment : les
règles d'orthographe concernant le pluriel des noms propres sont
assez fluctuantes, très souvent démenties par les usages, anciens
comme modernes.

E. LATTANZIO : Donc on écrit souvent conformément à un certain
"sentiment linguistique", qui n'est d'ailleurs pas toujours dénué
de bon sens et de sensibilité.

Y. AMAR : Par exemple, tout le monde sait qui est Molière. C'est
la référence théâtrale française par excellence. C'est donc le nom
propre par excellence, et on évite plus facilement de lui mettre
un "s" car on sait que la règle générale évite la marque du
pluriel pour les noms propres.

E. LATTANZIO : Par contre, oscar... il est moins respectable et
plus anonyme. Son statut de nom propre aura donc tendance à
disparaître plus vite : les Molière et les Oscars.

Y. AMAR : En général, les noms de personnage ne prennent pas d's,
même quand ils désignent autre chose qu'eux-mêmes.

E. LATTANZIO : Quand on parle des familles : les Lattanzio et les
Amar ; les Couperin, les Bach, les Corneille.

Y. AMAR : Quand on parle d'un seul personnage, précédé d'un "les"
expressif et emphatique : "un siècle qui a produit des Hugo et des
Balzac".

E. LATTANZIO : Quand on parle des productions d'artiste : les
Picasso, les Rembrandt. Quoique là, il y ait eu beaucoup
d'exceptions. Mais la tendance contemporaine est plutôt plus
stricte que l'ancienne : aujourd'hui, on ne met pas d'"s".
Avant... on était plus coulant.

Y. AMAR : Quand on parle d'une marque : les Renault. Mais
attention, si le nom de marque gagne cette notoriété, qu'il passe
pour un nom commun, on met l's : des frigidaires, des klaxons...

E. LATTANZIO : Une règle traditionnelle voulait qu'on mît l's aux
personnages "dont la gloire était ancienne".

Y. AMAR : Le flou de la formule peut faire sourire, mais
n'empêche, tout le monde écrit encore, avec Corneille, les Horaces
et les Curiaces.

E. LATTANZIO : La règle ancienne voulait aussi mettre "s" aux
personnages qui finissent par représenter un type d'homme : Les
Don Juans.


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