CHINE

Par: (pas credité)


Y.AMAR : Notre Président était récemment en voyage en Chine.
Peut-être en a-t-il profité pour nous ramener quelques bons mots chinois ?

E.LATTANZIO : Parce que les mots chinois, en français,
franchement, ça manque, incroyable ce qu'il y en a peu ...

Y.AMAR : A part "thé" ... Et encore, il est passé par le malais et
a subi mille transformations. Mais enfin, il est d'origine
chinoise.

E.LATTANZIO : Quelques rares mots font entendre leur accent :
"shantung" (étoffe de soie, du nom d'une province), "kung-fu", art
martial bon enfant, qui fait chinois de pacotille, "litchi" ou "kumkwat"
(bassement alimentaire). Un mot technique "kaolin" (=
haute colline), c'est là qu'on extrayait l'argile, dont on a fait
la porcelaine.

Y.AMAR : Un mot sort du lot, c'est "ketchup", qui ne correspond
nullement à "catch up" bien que pour les Français il rappelle plus
l'Amérique que la Chine. Pourtant, via la Malaisie, il vient du
chinois "ke tsiap", saumure de poisson, condiment probablement
assez éloigné de la célèbre sauce à la tomate et au vinaigre qui
accompagne hamburgers et steak tartares.

E.LATTANZIO : Ce qui est intéressant aussi, c'est le mot "chine"
et ses dérivés. D'abord "Chine", pour désigner le pays, n'est pas
un mot chinois, mais indien ("Tsinta"). Ce nom est celui d'une
dynastie chinoise du IIIème siècle, et ce sont les Indiens qui ont
imaginé qu'il pourrait désigner l'Empire que les Chinois eux,
appelaient, dans leur langue, le pays du milieu.

Y.AMAR : Les habitants de la Chine sont les Chinois et cet
adjectif a des échos bien souvent négatifs en français. D'abord
on sait bien qu'il n'a aucun rapport avec chiner, chineur,
vocabulaire de brocanteur et d'antiquaire qui vient probablement
d'échiner.

E.LATTANZIO : Mais la xénophobie linguistique étant à l'oeuvre, on
entend souvent (enfin, parfois ...) parler de "supplice chinois" =
cruel et raffiné, qui s'étire en longueur et en subtilité.

Y.AMAR : D'après ses utilisations en français, la pensée chinoise
serait donc à la fois avisée, sophistiquée et machiavélique, avec
souvent, un excessif goût du détail : les chinoiseries
administratives en sont la preuve : méandres tortueux,
complications infinies. Essayez par exemple de trouver les Assedic
comme intermittents du spectacle après avoir déménagé ...

E.LATTANZIO : Quant à "chinoiser", c'est être pointilleux à
l'excès, chercher la petite bête (votre clignotant gauche tire sur
l'orange alors que le droit est franchement ocre ...), et bien
l'agent qui verbalise pour ça, il chinoise, il est chinois.


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