TAUROMACHIE

Par: (pas credité)


Y.AMAR : Etymologie : le mot vient de la réunion de taureau et
"machie", du grec "makheia" = combat. Ce terme est utilisé aussi
en mythologie pour représenter certaines représentations
traditionnelles. Par exemple, au fronton des temples grecs, il y a
souvent des "gigantomachies", c'est-à-dire des représentations
inspirées de la mythologie des combats entre Dieux et Géants.

E.LATTANZIO : On parle aussi de "logomachie", à l'origine le mot
désigne une dispute de mots, autour des mots. C'était le cas
fréquent des querelles de l'université médiévale (la scolastique).
Par extension, le mot désigne aujourd'hui une joute oratoire
creuse dans laquelle précisément il n'y a qu'une querelle de mots,
sans enjeux réels.

Y.AMAR : La tauromachie est surtout pratiquée en Espagne et dans
le sud de la France. Il existe aussi des courses de taureaux au
Portugal mais généralement sans mise à mort.

E.LATTANZIO : L'origine espagnole du combat de taureau (on trouve
trace de combats à partir du XIIème siècle) explique que le
vocabulaire de la tauromachie soit exclusivement d'origine
hispanique : la "corrida" tout d'abord qui désigne habituellement
le combat. Du verbe "correr" (courir) il signifie en fait course
de taureaux.

Y.AMAR : Nous utilisons en français trois termes pour désigner
l'homme qui combat les taureaux : toreador, torero, matador. Le
premier terme, toreador, n'est pas usité par les espagnols pour la
corrida. Ils utilisent le terme "torero". En français le mot
"toreador" a eu un certain succès à cause d'airs célèbres que l'on
chantait au XIXème siècle, notamment dans "Carmen" de Bizet, à une
époque où l'on appréciait les "espagnolades". Peut-être a-t-il été
employé par analogie et confusion avec "matador".

E.LATTANZIO : Le mot "torero" désigne tous ceux qui affrontent le
taureau. Le terme de "matador" est réservé au torero qui a le
droit de tuer le taureau, et qui est le seul à le combattre à la
fin, après diverses phases antérieures. C'est le torero qui a reçu
"l'alternative". En espagnol, "matar" signifie "tuer" (Cf. "mat"
aux échecs).

Y.AMAR : L'écriture avec "o" fait référence à l'écriture espagnole
du mot taureau (toro) : d'où une double orthographe en français
selon la dérivation. On parlera d'élevage "taurin" mais du "toril"
(lieu où l'on tient le taureau avant le combat) ou le verbe
"toréer".

E.LATTANZIO : Les phases de la corrida : une corrida comporte
différentes phases. Parmi elles, dans l'ordre, les "picadores" à
cheval qui piquent le dos du taureau à l'aide de lances, puis les
"banderilleros" qui posent les banderilles, sortes de dards ornés
de rubans, destinés à exciter l'animal. L'expression a d'ailleurs
pris un sens figuré : "poser des banderilles" = chercher à énerver
un adversaire (par exemple dans un débat) en insistant sur ses
points faibles, tâter le terrain avant de l'attaquer franchement.
Dans certains cas c'est le matador lui-même qui les pose.

Y.AMAR : Enfin, la séance des passes avec la petite cape (la
muleta) et la mise à mort, l'"estocade". D'où aussi un sens figuré
de l'expression "porter l'estocade".



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