TGV & CO

Par: (pas credité)


Y.AMAR : En ce moment, ont lieu les Rencontres Eurocités sur le
thème l'Europe ferroviaire à grande vitesse. C'est bien sûr une
allusion aux TGV multiples qui relient ces villes.

E.LATTANZIO : TGV pour "train à grande vitesse" : le sigle est
bien connu. Il n'a rien de familier, même si au départ (vers 1970,
quand les TGV n'étaient en France que des projets) il a fait
partie d'un jargon de métier. Au contraire, c'est devenu un terme
administratif et officiel, d'autant mieux admis dans la langue
d'aujourd'hui qu'il appartient à toute une série de noms siglés
qui se vocalisent sur la voyelle "é".

Y.AMAR : Le TGV a eu des petits, si on peut dire, dans le domaine
des transports, et la vogue des VTT et VTC lui doit beaucoup. Le
VTT, vélo tout terrain a remplacé sans douleur l'anglicisme
"mountain bike" qui ne s'était pas vraiment implanté. Il a ensuite
accueilli son petit frère, moins sportif, plus urbain, le VTC,
vélo tout chemin.

E.LATTANZIO : Mais ce type de formation est ancien, puisque la
CGT, par exemple, date de 1895 (nom autonome depuis longtemps, qui
a donné un dérivé : cégétiste, dont l'orthographe calque la
prononciation, ce qui permettra plus tard le symétrique
"cédétiste", alors même que ce dernier est illogique par rapport à
son origine CFDT).

Y.AMAR : Restons dans le monde du travail, bien qu'à l'autre bout
de l'échelle des salaires, avec PDG souvent orthographié par
plaisanterie d'abord, par indifférence ensuite, "pédégé" (le sigle
est daté d'environ 1960). Bien plus récemment, on a eu CDD,
contrat à durée déterminée, qui, malgré son apparence rassurante
(ce qui est déterminé rassure) est en général moins avantageux que
son symétrique, le CDI, qui ne peut se rompre sans raison forte.

E.LATTANZIO : Dans le domaine commercial, on a eu longtemps VRP,
(voyageur représentant placier), mais d'abord on s'écarte d'une
lettre de notre assonnance, et de l'autre le mot est toujours resté
vaguement technique, jargon sec de métier qui ne saurait rivaliser
avec la poésie mélancolique du commis-voyageur, ni avec la
nostalgie vert-de-grisé du représentant de commerce, clown triste
des Nationales perdues, le Vermot toujours au bord des lèvres.

Y.AMAR : En faut-il d'autres ? On en trouvera dans
l'administration des postes, avec l'étrange histoire des PTT,
devenu P et T, puis dissocié (La Poste et France Telecom). Dans la
médecine avec BCG. Dans les grands secteurs d'activités avec BTP.

E.LATTANZIO : Et si on accepte l'écart, on en trouve partout : une
lettre de plus dans BCBG (autour de 1980), une lettre changée avec
VSD (qui est né siglé, on n'a jamais parlé de
Vendredi-Samedi-Dimanche, et c'est pourtant l'origine du sigle).

Y.AMAR : Tenons en réserve les RMI, SDF et IVG, pour si jamais
nous avions du temps de reste... Et terminons avec le macabre
mais étonnant DCD, qu'on lit sur les lits d'hôpitaux, non pas
sigle, mais calembour alphabétique.


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