UN CHACAL, DES CHA-QUOI ?

Par: (pas credité)


Vous connaissez sûrement l’histoire du directeur de zoo qui écrit
au chasseur de fauves pour lui demander de lui capturer un chacal.

Si j’y pense, c’est à cause de la sortie du film « Le Chacal » que
je ne manquerai pas d’aller voir en méditant cette belle anecdote.

Le pluriel des noms en -al est en effet un sujet important, le cauchemar
du non-francophone scrupuleux, la joie du puriste et l’orgueil de
l’Ecole laïque et républicaine qui a fondé notre patrie. Pourquoi ?
Parce que la règle -les noms qui se terminent en -al font leur pluriel
en -aux (journal/journaux)- souffre sept exceptions qui la confirment.
C’est l’exemple même de ce qui s’apprend par coeur, et se récite en
cadence, avec blouses grises, givre aux fenêtres, certif à la fin de l’année,
tout le syndrome du Grand Meaulnes.

A côté de « bijou, caillou, chou... », on a donc « bal, cal, carnaval, chacal,
festival, récital, régal ». Série canonique et fermée. Admirable fiction qui
tend à présenter la langue française comme immuable, réglée et décrite
par une grammaire infaillible.

Pourtant, il est vrai que les mots de cette série font leur pluriel en -als, et que cette
règle est respectée. Mais, la liste est bien plus floue et poreuse qu’on pourrait
croire. Citons déjà quelques noms qui n’y figurent pas, et qui ne sont pas
rarissimes : « pal » et « étal ». Puis, un mot sur lequel « on hésite » comme
dit Grevisse : « piédestal ». Un mot bizarre, qui d’après l’Académie, « n’a pas de
pluriel » : « cérémonial » (résultat quand on l’emploie au pluriel, on hésite aussi).

Mais, il faut aussi retenir de nombreux autres mots qui échappent à la fois à
la règle, et à la série d’exceptions, et qui pourtant font leur pluriel en -als :
- les mots d’argot : futal/futals
- les noms propres : Tergal, Mistral, Pascal...
- certains mots d’origine étrangère : final - mais l’italien musical a toujours
un statut particulier en français.
« Terminal » est intéressant parce qu’il a une évolution particulière : dans le
sens terminal d’aéroport, il est senti comme très anglais, d’autant qu’il est souvent
employé dans un contexte très anglophone, ou tout au moins bilingue (la « langue
des aéroports »). On a donc tendance à la mettre au pluriel à l’anglaise : des
« terminals ». Mais, le mot a également fait fortune dans le monde de l’informatique.
Là encore, il est d’origine anglaise, mais il échappe à son origine, et se francise sur le
modèle de ses congénères : on dit couramment aujourd’hui : des « terminaux ».


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