PEGASE

Par: (pas credité)


Pégase : nom d’une fusée américaine qui doit incessamment partir explorer l’univers qui nous entoure. Le nom mythologique est plutôt bien choisi. Bien que Pégase ne soit pas devenu un nom commun, sa légende est encore assez connue pour que le mot soit utilisé dans des images qui évoquent le voyage rapide, ou le voyage aérien. Qu’est-ce donc que Pégase ? Un cheval ailé, belle fantaisie dont l’image, longtemps, orna le rêve des hommes, puis l’écusson d’Air France.

Quelques pistes crypto-biographiques :
Cet être de terre et de ciel est bizarrement fils du Dieu de la mer : Poséïdon avait eu un roman avec Gorgone (du temps qu’elle était belle encore, avant qu’Athéna la change en monstre horrible et méchant, avec des serpents sur la tête, dents, langue et mauvais sentiments). Longtemps après, Persée, ce héros, lui tranche la tête. Et du cou coupé de la sorcière, sort un cheval ailé dont la paternité est attribuée au vieil amant.

Pendant quelque temps, il se met au service de Zeus, mais son maître le plus célèbre sera Bellérophon.

On ne peut tout dire sur ce personnage à la vie haletante et compliquée. En tout cas, à l’issue d’un feuilleton inénarrable, on l’envoie combattre la Chimère. Ce monstre affreux, qui souffle le feu, au corps de chèvre, tête de lion, queue de dragon fait peur à tout le monde et tout le monde a compris qu’il s’agissait pour Bellérophon d’une mission suicide... Mais voilà que, sur le chemin, il rencontre Pégase, placé là par quelque providence. Il selle l’animal, s’envole sur son dos et se retrouve ainsi en surplomb de l’ennemi (dont la figure est étrangement symétrique de celle de la mère de Pégase). Il fond sur la Chimère et n’en fait qu’une bouchée...

Ensuite, c’est la victoire pour le couple Bellérophon/Pégase.
Jusqu’à ce que... Car l’histoire et l’âme de l’Homme veulent toujours un jusqu’à ce que. La mouche de l’orgueil pique Bellérophon, qui entreprend de monter jusqu’à la demeure de Zeus. Le Dieu sourcille et contre la mouche de l’orgueil envoie le taon de la colère. L’insecte pique Pégase ; écart, chute et Bellérophon retombe piteusement sur terre, pire, dans un buisson d’épines, d’où il ressort à moitié mort, estropié et aveugle. Comme quoi la traversée des airs engendre toujours les mêmes figures d’ivresse, d’orgueil, de perte de contrôle et de châtiment. (Cf Icare et Phaéton).

L’important pour nous est que Pégase s’en sorte. Sa carrière n’est pas terminée : un dernier exemple émouvant : les filles de Piéros ont défié les Muses : concours de chant ; les voix rivalisent de beauté, au point que l’Hélicon (c’est le nom de la montagne où a lieu la joute) se gonfle d’émoi et menace d’atteindre le ciel. Sur l’ordre de Poséïdon, son père, Pégase intime l’ordre au mont de reprendre ses dimensions habituelles. Pour mieux se faire entendre, il frappe le sol de son sabot. Une source en jaillit (l’Hippocrène = source de cheval), et l’Hélicon, soulagé et jaillissant, obéit. L’image est un peu sexuelle, mais l’histoire est jolie.


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