BANANE

Par: (pas credité)


Banane : mot portugais venu lui-même du guinéen.

1) Expression (mettre, glisser sur) une "peau de banane" (sous les pieds, les
pas de quelqu'un) : manœuvre déloyale tendant à provoquer la chute de
quelqu'un (au sens imagé). Allusion au caractère glissant de la peau du
fruit.

2) Expression liée à l'origine exotique du fruit : "république bananière" :
expression péjorative désignant un état dont la souveraineté est plus
fictive que réelle, et qui est en fait une colonie déguisée d'un état
développé. Les républiques d'Amérique centrale, des Antilles, sous
influence nord-américaine, sont le type des républiques bananières (voir
encore assez récemment l'affaire du général Norriega au Panama).
L'appellation vient du fait que ces états satellites, avec des
gouvernements fantoches à la solde de la puissance étrangère, sont souvent
à la fois agricoles et tropicaux, avec une économie pauvre, d'où le fait
qu'ils produisent des bananes comme principale ressource (aspect
caricatural). L'expression est assez méprisante. Voir aussi l'un des
premiers films de Woody Allen, Bananas, qui parodiait ce genre de situation
vers 1970.

3) Le "français banane" : le français créolisé (peut-être intéressant
pour RFI). Ainsi, dans LE MONDE, on lit "C'est cette troisième langue, le
'français-banane', ou plutôt une version francisée par l'acte littéraire
qu'emploie Raphaël Confiant" (sous la plume de P. Lepape, LE MONDE
du 18 juin 1993).

4) Emplois imagés liés à la forme du fruit : "sac-banane, ceinture banane"
puis banane seule pour désigner un sac qui se porte depuis quelques
années à la ceinture, en général sur le devant du corps, dans lequel on
range des papiers ou de l'argent. Tient lieu de porte-monnaie ou de
pochette.

- "avoir la banane" : être en forme, de bonne humeur, être souriant en
raison de la forme du sourire, peut-être à rapprocher d'avoir la pêche, par
le biais des fruits.

5) Expression vulgaire : "se faire bananer" (à noter la transformation
substantif/verbe) argot un peu vieilli (années 70) : se faire avoir, se
faire posséder. Je crains que ceci ne soit synonyme du moderne "se faire
entuber" : synonymie héritée de la forme phallique du fruit considéré
(banane = pénis). D'où "avoir la banane" dans le petit Perret illustré =
être en érection et non pas avoir le sourire.

Expression ambiguë : "se prendre pour une banane", à un examen, par
exemple = subir un échec. Peut aussi bien se rapprocher de la peau de
banane, que l'expression précédente, et de "tomber en banane" = être dans
une situation critique.


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