RATTACHEMENT

Par: (pas credité)


La ville de Mulhouse a fêté récemment le bicentenaire
de son rattachement à la France, c'est-à-dire son intégration
à la nation française. Imaginez-vous scène plus touchante ?
Mulhouse, république au 13ème siècle, puis ville impériale,
puis cité indépendante, membre de la décapole d'Alsace au
14ème siècle " se donna librement à la France " par vote de
sa bourgeoisie en 1798. Destin admirable et noble d'une ville
pauvre et fière, vouée au coton et aux forges.

Ce mot de rattachement s'emploie en général lorsqu'il s'agit d'une ville ou
d'une province limitrophe qui devient en général pacifiquement et
volontairement française. On parle ainsi du rattachement de Nice, de la
Savoie (traité de Turin - 1860, avec, à posteriori, une consultation
populaire qui montrait la francophilie des habitants concernés).

Le mot est encore fécond, avec parfois des rejetons inattendus : ainsi, il
y a quelques mois on a vu flotter des drapeaux français sur l'île
d'Anjouan. Certains habitants de cette terre qui fait partie de l'Archipel
des Comores, souhaiteraient ardemment (re)devenir français, et faire en
sorte que leur île soit rattachée à la France. Anjouan a donc ses
rattachistes et son rattachisme.

Revenons aux rattachistes, à ses adversaires ou plutôt à tout le
vocabulaire qui illustre la tendance inverse. En effet, il est bien plus
fréquent de souhaiter être détaché que rattaché. Et là, le vocabulaire
abonde : autonomistes, indépendantistes, séparatistes, sécessionniste…
Il peut bien sûr y avoir des nuances de sens liées à ces différents mots,
mais il s'agit en général de contextes historiques différents.

Autonomistes est utilisé à propos de groupes régionalistes, en particulier
bretons, qui regimbent contre la tradition centralisatrice et jacobine
française, sans forcément revendiquer l'indépendance. On entend parfois ce
mot à propos de la Corse, mais il est de toute façon moins courant que
nationalistes, qui, dans l'île, a un sens particulier, ou même
indépendantistes .

Séparatistes : le mot est né au 17ème siècle dans un contexte religieux
pour désigner, en Angleterre, une secte opposée à l'Eglise anglicane. De
nos jours, il est surtout employé pour certains groupes basques, (bien
qu'on l'ait parfois entendu à propos de certains bretons radicaux). Il
semble que le mot renvoie aussi bien à une réaction à l'Etat espagnol qu'à
l'Etat français.

Indépendantistes est étrangement un mot assez récent (fin des années 60).
Il semble donc postérieur aux indépendances africaines, mais s'emploie
couramment aujourd'hui à propos de ceux qui souhaitent l'indépendance de
certains DOM-TOM, notamment aux Antilles ou en Nouvelle Calédonie.

Quant à sécession et sécessionnistes (rare), ils font essentiellement
référence à l'histoire américaine et à la Guerre de Sécession, calque de
l'expression War of Sécession, d'ailleurs fort peu utilisée aux Etats-Unis
où l'on parle ordinairement de Civil War.


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