TAMBOUR

Par: (pas credité)


Tambours dans la nuit : encore du Brecht à l'affiche, à l'occasion du
centenaire du dramaturge, et une bonne occasion de les gloser ces bruyants
tambours. Ce fût cylindrique, qui sert de cadre sur lequel on tend deux
peaux est l'instrument central de la percussion : on tape : ça résonne.
Pourtant, le nom tambour est générique et très vague. Quand on veut être
précis, ou bien on précise : tambour d'aisselle, tambour voilé, tambour
d'eau, tambour de basque, ou bien on fait le choix d'un vocable plus
technique : caisse claire, grosse caisse , etc. Le tambour ne fait pas
partie de l'orchestre symphonique traditionnel, ni des musiques modernes -
variétés, jazz ou rock, pour lesquelles on recourt à ce qu'on appelle la
batterie.
C'est dans la langue, et donc au figuré que ce mot est le plus vivant : les
tambours servent à faire défiler les troupes au pas cadencé, ou à
accompagner marches ou charges militaires. De là, l'expression tambour
battant, utilisée par exemple pour une enquête, une procédure, etc. Il
s'agit toujours d'un ensemble d'actions menées rondement, énergiquement,
sans perdre une minute.
A l'inverse, sans tambour ni trompette - toujours au singulier - veut dire
secrètement, sans bruit, comme des mouvements de troupes secrets. Et
l'expression s'explique parce que sous l'Ancien Régime, les mouvements de
troupes s'accompagnaient traditionnellement de la musique militaire. Donc,
on la faisait taire lorsqu'on ne voulait pas ébruiter ces manœuvres.
A partir de tambour, on a créé le mot tambouriner, qui bizarrement renvoie
à un faible bruit, mais répété et multiple : la pluie tambourine sur les
vitres. Enfin, raisonne comme un tambour signifie tenir des raisonnements
imbéciles et illogiques. La plaisanterie vient bien sûr du calembour sur
raisonner (faire des raisonnements) et résonner (sonner, avoir une
résonance), et l'aspect ventru et un peu lourd de l'instrument.


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