VENI, VIDI, ET APRES…

Par: (pas credité)


Veni, vidi, vivendi ! Telle est la formule par laquelle un grand quotidien saluait récemment le changement de nom d'un grand groupe industriel : la CGE est devenue Vivendi. Mais tout le monde aura compris l'allusion à César qui, par trois mots laconiques (veni, vidi, vici), annonçait au Sénat romain la victoire qu'il venait de remporter sur Pharnace, roi du Bosphore (Zela - 47). Mais César, vieux routier du lapidaire, a laissé d'autres traces durables parce que cinglantes, de sa concision oratoire : Alea jacta est, lorsqu'il eut décidé de franchir le Rubicon (une loi romaine interdisait à un général d'approcher de Rome au-delà de ce fleuve sans avoir licencié son armée). Et cette expression s'emploie encore lorsqu'après avoir longuement balancé, on prend une décision hardie et peut-être lourde de conséquences. On peut traduire par : le sort en est jeté ce qui, littéralement, signifie les dés sont lancés.
Pour en finir avec César, il faut mentionner son dernier mot supposé : Tu quoque, fili adressé à Brutus, son fils adoptif qu'il reconnaît parmi les conjurés qui le tuent. Citer kai su tednon fait plus cuistre. Est-ce moins apocryphe ? Où es-tu, O grand Jules qui pourrais nous répondre ? Plus même poussière depuis des siècles.
Pourtant, les citations latines à valeur plus ou moins proverbiale sont courantes en français, avec souvent une certaine latitude quant à la prononciation. Par exemple dans Errare humanum est : il est humain de se tromper. C'est une formule d'excuse utilisée pour soi-même ou un autre lorsqu'une (petite) erreur a été commise. Ces citations sont, en général, assez simples et ne nécessitent nullement, pour être proférées ou comprises, qu'on ait fait du latin.
Elles sont donc souvent, a contrario, le signe d'un parler plutôt populaire, et parfois moralisateur :
O tempora, O mores (= si c'est pas malheureux de voir ça…). Vade retro, Satana (pour résister à la tentation, quand ça sent le soufre).
In vino veritas (quand on veut s'accorder un petit verre, ou deux). Nunc est bibendum (invitation à l'apéritif).
En option, on a également Quo non ascendet (et non ascendam), devise de Fouquet, imagée par un écureuil, ou même si vis pacem, para bellum, pour s'excuser de préparatifs belliqueux.


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