DU COTE DE CHEZ ASTERIX

Par: (pas credité)


Uderzo, l'un des pères d'Astérix (qui a deux pères et pas de mère) tâche de retirer l'exploitation commerciale de son Gaulois chéri à l'éditeur Dargaud - qui, bien sûr, ne veut pas. La Cour d'Appel de Paris statue.
Et ça nous invite à nous pencher sur les créations d'Uderzo, et ce qu'ils ont apporté à la langue française. Depuis le succès d'Astérix, on parle beaucoup plus des Gaulois, que l'humoriste a rendus sympathiques, et il y a au moins un mot qu'on utilise davantage : irréductibles (= qui tiennent bon, refusent de s'aligner sur la majorité, résistent dans leur singularité) ; et une phrase passée plus ou moins en proverbe (quoiqu'un peu en perte de vitesse) : " ils sont fous, ces Romains ! ".
Par contre, il y a deux mots dont l'utilisation a pu pâtir du triomphe des petits Gaulois : astérisque et obélisque.
Glosons-en l'orthographe et la prononciation. Précisons-en ensuite le genre : un astérisque (pour obélisque, on ne se trompe guère). Et rappelons-en l'étymologie : un astérisque est une petite étoile - un petit astre, autrement dit. Quant à l'obélisque, c'est une pyramide allongée. L'obélisque de la Concorde aura donc retrouvé sa vocation étymologique lorsqu'on aura empalé dessus un gigantesque doner kebab.
Mais dans tout ça, c'est encore le mot gaulois sur lequel il y aurait le plus à dire. Cet adjectif désigne les habitants de la Gaule, mot celte, d'origine peut-être francique. Mais le hasard a fait que ce mot gaulois a naturellement été pris pour un cousin de galois. Et ce galois -gai, joyeux au XIIIème siècle - n'a rien à voir avec la Gaule. Il dérive du verbe galer, s'amuser, d'origine francique, qui renvoie, comme la galanterie encore comprise, à l'idée de plaisir, notamment d'amour (Cf un galant = un amoureux). Le croisement de ces deux noms a fait naître artificiellement l'idée d'esprit gaulois, c'est-à-dire truculent, qui n'a pas peur des allusions grivoises ou salaces. De là, le mot gauloiserie qui n'est pas attesté avant la deuxième moitié du XIXème.


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