SIGLES ET NOMS PROPRES

Par: (pas credité)


"Les contrats DSK" : c'est le nom de nouveaux produits bancaires qui portent l'estampille du ministre de l'Economie, Dominique Strauss-Kahn. La pratique des initiales se répand pour désigner des personnes, notamment quand il y a trois lettres (ou plus). On a eu VGE, et auparavant JJSS, l'un des premiers probablement, alors que la mode semblait venir d'Amérique, avec JFK, LBJ, et NHOP au Danemark. Et même dans la vie professionnelle, la mode s'étend, entre JJA, ET, JPC, ETC… Ces sigles touchent parfois seulement les prénoms, avec le JP ou les JF. Il s'agit, bien sûr, d'une tendance, disons, d'un effet de mode, mais qui vient du souci de raccourcir. Le sigle est plus court que l'expression développée.

Toujours pour raccourcir, les sigles vont s'efforcer de ressembler à des mots, c'est-à-dire se prononcer de façon syllabique. Et bien souvent, le sigle n'est choisi que pour ça, et sa prononciation cache son origine sigleuse : SIMCA, FIAT, CAPES, SMIC, ou même LASER, dont on a tout à fait oublié qu'il s'agissait d'un sigle : light amplification by stimulated emission of radiations. Souvent, bien sûr, cette prononciation n'est pas possible, lorsque l'alternance consonne/syllabe n'y est pas propice : CNDP, RFI. Mais parfois, on a un battement avec deux prononciations possibles : ONU, ou dans un passé récent, URSS. Et de plus, certains sigles sont si bien entrés dans la langue qu'ils se comportent exactement comme les autres mots : HLM… Les points entre les initiales sont, en principe, obligatoires. Mais l'usage n'en a cure, et la tendance actuelle est à les supprimer ; et cette suppression va de pair avec une autonomie du mot, dont le sens se réfère de moins en moins à la déclinaison des lettres.

En ce qui concerne leur genre, on se réfère en général au sens caché derrière l'initiale : la SNCF (= la Société…). Mais parfois, si le sigle est suffisamment indépendant, on peut oublier cet asservissement de départ : un HLM (fréquent et admis par les dictionnaires) ; un CRS (dérive de la Compagnie au fonctionnaire).
Comme pour les autres mots, la dérivation est possible : cédétiste, smicard, onusien…
Le dernier point pourrait concerner les anglicismes : on en trouve ici aussi presque indécelables derrière leur code. Ainsi, certains ont préconisé de dire DC pour disque compact. Mais rien à faire : c'est l'abréviation CD qui a prévalu, sans qu'on s'en émeuve, preuve que le sigle est maintenant bien français.


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