MUET COMME UNE CARPE

Par: (pas credité)


L'été est souvent une bonne
occasion pour certains urbains de renouer avec nos amies les bêtes. Et les
images linguistiques qui utilisent les oiseaux sont fréquentes. Ainsi de
Jojo, on dit qu'"il est gai comme un pinson". Pourquoi un pinson ? Parce que
ça chante un pinson, bien et souvent. Donc on lui prête de la gaîté, même
si ce n'est qu'une projection humaine. Il représente une certaine attitude.

Et on trouve de nombreuses autres images construites sur le même modèle, et
tout aussi figées : frais comme un gardon par exemple, qu'on emploie à
propos de quelqu'un qui ne devrait pas être vraiment frais, qu'on
s'attendrait à trouver fatigué : " il a dansé toute la nuit et il est
arrivé au bureau frais comme un gardon ".
Ces deux expressions sont souvent positives, c'est pourtant assez rare.

"Malin comme un singe " est pour le moins ambigu : au départ, malin =
méchant. Celui qui est malin comme un singe a souvent de mauvaises
intentions.
On peut en dire autant de " rusé comme un renard " : cette ruse sert
surtout à attraper les poules.
Et " bavard comme une pie " alors ! Là encore, la caractéristique d'un
animal devient l'image grossie, caricaturale d'un défaut humain : la puce
saute… on aura " agité comme une puce "; le paon fait la roue… on aura
vaniteux comme un paon.

Et les caractéristiques d'animaux sont souvent plus imaginées que réelles :
" têtu comme une mule "… passe encore, mais " bête comme une oie ", "
jaloux comme un tigre ", " sale comme un poux "… ce n'est pas le pou qui
est sale, mais, pensait-on, les gens qui en avaient. On doit donc
comprendre l'expression comme : sale à avoir des poux ".


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