TIENS

Par: (pas credité)


"Tiens, on est en septembre…", "tiens, je me suis fait une tâche sur ma
cravate !". Tiens : interjection qui marque la surprise : "tiens, la porte est
ouverte !".
Très souvent, ça ne s'adresse à personne, sinon à soi. C'est une
interjection involontaire, presque une ponctuation de début de phrase, pour
marquer son étonnement devant l'imprévu. "Tiens, j'ai retrouvé mon stylo.
Il était dans ma poche". "Tiens, j'ai perdu mon stylo. Il n'est plus dans
ma poche".

Mais attention, si on le dit plusieurs fois de suite, le sens change :
"tiens, tiens !…" - "tiens, tiens, tiens…".
Ce n'est plus involontaire. C'est une façon de s'exprimer, de marquer son
étonnement, parfois méditatif, voire suspicieux : "tu as rencontré
François et Régine sur les Champs-Elysées ? Tiens, tiens, tiens, comme
c'est intéressant…".

Plus vieux, un peu désuet : "tiens donc" exprime souvent une surprise
jouée, moqueuse : "Après tout, je crois que je vais épouser Régine. Tiens
donc !".
Dans tous ces exemples, "tiens" n'a plus de rapport avec le verbe "tenir"
qui en est à l'origine. En tout cas, il n'est pas conjugué.
Par contre, lorsque l'exclamation "tiens !" sert à présenter quelque
chose à quelqu'un ("tiens, voilà du boudin…"), ou à présenter un exemple
("Tiens, prends Henry IV, voilà un roi qui savait ce qu'il voulait"),
l'expression est conjuguée.

La preuve, si vous vouvoyez votre interlocuteur, "tiens" se met au pluriel
de politesse : "Tenez, prenez Louis XIV, par exemple…"
Un autre verbe qui aurait tendance à oublier son statut verbal, c'est
"aller".
A l'impératif, comme "tiens", mais au pluriel "allons, allez…"
La 1ère et la 2ème personnes s'emploient presque indifféremment : "allons",
"allez", souvent redoublé : "allons, allons" - "allez, allez !",
parfois avec un verbe derrière qui prend alors la personne du verbe "aller" :
"allons pressons", "allez pressez".

Enfin, pas toujours car nous possédons l'admirable : "allons, venez !",
chef d'œuvre d'illogisme que le monde entier nous envie. Ainsi que
l'étonnant : "allez, va !" qui exprime l'agacement.
Mille nuances possibles : légère irritation : "allons, tu n'as pas fini !",
le réconfort : "allons, tu sais bien que ça n'est pas grave", l'incrédulité :
"allons donc !" ou même le signal d'un départ : "allons-y".


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