SPOT

Par: (pas credité)


Les scandales récents liés à la vie privée de Bill Clinton n'avaient,
jusqu'à présent, pas affecté les chroniques de Parler au quotidien -
Dieu merci ! Et pourtant, il est un mot qui est revenu si souvent qu'il
nous faut bien l'interroger. Il s'agit, non pas du mot "tache", mais
l'équivalent anglais - "spot", qui, par pudeur ou frisson d'exotisme, est revenu
plusieurs fois, non traduit, dans la presse francophone.

Ce mot est montré du doigt pour ce qu'il est - un anglicisme - par les plus
courants de nos dictionnaires, ainsi que par les recommandations au beau
langage que nous font les princes qui nous gouvernent.

Au mot "spot", dans son sens publicitaire (courte séquence de publicité,
diffusée à la radio ou à la télévision), on doit préférer le mot "message",
ou "bref message". Pourtant, ces tournures n'ont pas l'éclat bref et
percutant de "spot" - mais, enfin, ils sont français.

Ce qui est bizarre, c'est que les dictionnaires ne déconseillent l'emploi
de "spot" que dans cette acception, et ne disent rien du bon usage quand il
signifie "repère le long d'une échelle graduée", ou "petit projecteur de
théâtre ou lampe en forme de projecteur, et à la lumière très
directionnelle".

La preuve que la publicité et les médias font encore partie d'un domaine
qui sent le soufre et qui risque de polluer la langue comme la société.

Et dans le sens de "tache", "spot" est-il condamnable ? Il n 'est pas sûr que
ce sens soit bien entré dans les mœurs linguistiques.


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