PACS ET PACTE

Par: (pas credité)


Le PACS fait couler encre et salive. Malgré tous ses défauts,
reconnaissons-lui une vertu : il sonne mieux que les ébauches qui l'ont
précédé : CUC, CUS (contrat d'union civile, d'union et de solidarité) qui
prêtaient trop au ricanement.

Le PACS sonne bien d'abord parce que ce monosyllabe qui claque ressemble au
mot commandeur du sigle : le Pacte. Alors, pacte ou contrat ? C'est entre
ces deux désignations qu'on balance.

Le contrat suppose toujours un document écrit qui précise l'engagement
auquel souscrivent les deux parties. Et les exceptions confirment la règle :
le contrat moral, par exemple, engagement implicite, dont on considère
qu'il "vaut" contrat - donc que ce n'en n'est pas vraiment un. Ou encore
le contrat passé dans le milieu, c'est-à-dire une commande de meurtre à un
ou plusieurs tueurs à gage.

En tout cas, le contrat évoque un acte écrit et signé par les intéressés.
Et c'est cette signature qui donne sa validité au papier, à tel point que
le contrat est presque l'emblème de notre civilisation de l'écriture. Il
s'agit donc le plus souvent d'une transaction commerciale - et les contrats
de mariage précisent la répartition et la propriété des biens
des conjoints. (Cf. les différents régimes de mariage).

Le pacte, à l'inverse, a un côté plus mystérieux. Il évoque quelque chose
de plus primitif, de plus médiéval, peut-être, et s'inscrit dans l'ordre de
la parole et dans la logique de la parole donnée.

Le mot fait souvent référence à un accord secret, dont le plus célèbre est,
bien sûr, le pacte avec le diable. (Cf. le docteur Faust et ses amis).

Mais le dérivé verbal est étonnant : pactiser ne signifie pas (plus ?)
conclure un pacte, mais accepter un accord honteux. On pactise avec les
forces du mal, avec l'ennemi. On négocie avec ceux à qui on ne
devrait même pas parler. On se déshonore en manquant à son devoir
d'intransigeance, en s'arrangeant de l'inacceptable, en composant avec
l'infâme.


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