RETROUVAILLES

Par: (pas credité)


"Elle !
Lui !
Evelyne !
Yvan !
Après tant d'années ! Mais c'est que vous n'avez pas changé du tout !
Mais vous avez encore rajeuni !".
Et voilà ce qu'on appelle des retrouvailles. On s'embrasse, on se regarde,
on se félicite, on est tout à la joie de revoir quelqu'un qu'on aime et
qu'on n'a pas vu depuis longtemps. Et ces retrouvailles désignent à la
fois le fait de se retrouver, et tout ce qu'on fait pour célébrer cet
événement.

Le pluriel n'a pas de sens particulier, sinon qu'il en rajoute peut-être un
peu à l'effusion.
Le mot a été formé à l'imitation de quelques autres qui évoquent tous des
célébrations, plus sociales, plus organisées que les retrouvailles,
réjouissances qui scellent les noces de l'individuel et du familial, à
califourchon entre privé et social.

Commençons par les fiançailles, qui sont une promesse solennelle de
mariage. Ritualisées de façon différente au cours des siècles, d'abord
religieuses, puis surtout sociales, les fiançailles sont en net recul dans
la vie moderne, et ont ressenti de plein fouet la désaffection et la
fragilisation du mariage.

La suite chronologique nous amène aux épousailles et aux accordailles. Les
épousailles désignent la célébration du mariage, mais le mot est archaïque
aujourd'hui. Toutefois, il est encore compris, et utilisé de façon
plaisante.

Accordailles est un vieux mot, qui a été formé sur le modèle des
précédents. Ainsi, le pluriel et la suffixation -ailles ne sont qu'une
imitation, alors que la forme d'épousailles, par exemple, dérive du latin,
et d'une forme de neutre pluriel en -alia ( sponsalia). Les accordailles
sont pour de bon un vestige du passé et désigne la cérémonie qui accompagne
la signature du contrat de mariage. La fête des cœurs cède ici le pas à la
nouvelle répartition des richesses qu'implique le mariage.

Et la suite logique des événements nous amène à relevailles ; là encore, il
s'agit d'un mot dont les modes de vie contemporains n'ont que faire. Les
relevailles font allusion à l'accouchée qui relève de couches, et notamment
à la première visite à l'Eglise qu'elle fait après qu'elle ait eu son enfant.
Le temps nous manque pour évoquer les funérailles, dernière étape de notre
parcours sur cette terre. Oublions-les un moment ; on s'en souviendra bien
à temps.


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