ESPION

Par: (pas credité)


Le grand public naïf pouvait penser que la chute du rideau de fer avait
sonné le glas des grandes affaires d'espionnage ? Un scandale arrive à
point pour le détromper. Un espion français chez nos officiers ! Et au
profit des Serbes encore !

Le point est donc nécessaire sur les espions et l'espionnage. L'espion est
celui qui recueille clandestinement des renseignements sur un état, au
profit d'un autre, soit par appât du gain, soit par idéologie. L'espion est
spécialement mal vu en ce que souvent, il trahit sa propre patrie. On a
parlé, tout récemment, du commandant Bunel ou même de Jonathan Pollard qui
espionnait au profit d'Israël. Il est mal vu également car il "travaille"
sans avoir l'air d'y toucher : l'espion épie.

Espion et épier sont, bien sûr, de la même famille. Le mot espion sert,
sinon d'adjectif, du moins de second élément dans des mots composés :
navire-espion, satellite espion, etc. Et, en plus d'espionnage, le mot a donné
espionite (ou espionnite), terme en faveur à certaines époques historiques,
où l'on a tendance à voir des espions partout, à voir une oreille dans chaque mur.

Comme l'activité d'espion peut avoir ses côtés honorables, on dit parfois
pudiquement que l'espion "fait du renseignement".
Mais qui s'occupe d'espionnage ? Des espions - c'est toujours officieux
(secret ?) - et des contre-espions - c'est officiel. En effet, les états ne
peuvent décemment entretenir des agents aux activités aussi honteuses.
Par contre, il est acceptable de se défendre des ennemis. Le contre-espionnage
est donc avouable, et le tour est joué. Les services de contre-espionnage
sont plus ou moins connus, sous des sigles mystérieux : DST (et DGSE pour
l'Intérieur), CIA, et le défunt KGB… Qui y travaille ? On dira banalement
des agents, voire des agents secrets mais, bien sûr, la réalité et surtout le monde
romanesque ont multiplié les sophistications : l'agent qui feint de trahir sa patrie
pour donner de faux renseignements, et flouer en réalité l'ennemi est un agent
double ; et il en existe des triples.
L'important est de gagner la confiance de ceux qui peuvent vous donner des
renseignements, de s'installer dans un organisme où circulent quelques
secrets : on dit ainsi l'infiltrer.

Et l'autre métaphore qui rend le mieux compte de ces activités souterraines
renvoie à cet animal qui creuse des galeries invisibles de l'extérieur : la taupe.
Et une taupe est, en général, un fonctionnaire aux allures tranquilles.


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