LE PREFIXE "CO"

Par: (pas credité)


Les élections européennes qui s'approchent nous font entendre de plus en
plus souvent le mot colistiers : apparemment très technique, mais en fait
simple à comprendre : les candidats qui se présentent sur la même liste
électorale sont des colistiers : ils partagent la même liste, bien qu'ils
ne partagent pas la même probabilité de siéger à l'Assemblée : plus on est
loin de la tête de liste, moins on a de chances d'être élu.

Mais ce préfixe "co"- indique bien cette idée de partage d'une certaine
situation. Les mots ainsi formés sont nombreux, souvent techniques ou
administratifs : coproducteur, coéditeur, colocataire, coauteurs…
Ils sont dans l'ensemble relativement récents, et parfois tout nouveaux :
le covoiturage, qui nous semble venir du Québec, s'est popularisé en France
lors des grèves de transport de décembre 1995, lorsque la solidarité des
automobilistes et des piétons faisaient prendre les uns par les autres…
Quant à la cohabitation, si elle est ancienne, divers situations
politiques, depuis 1986, lui ont donné un nouveau souffle.

D'autres mots formés sur ce modèle sont anciens et sortis d'usage, comme
ces cobourgeois, des associés qui possédaient en commun un navire de
commerce.
En tout cas, ce sont des mots de formation savante, et souvent délibérée :
les mots plus populaires qui proviennent de la même origine - l'élément
latin cum- répugnent davantage à l'hiatus. Le préfixe, dans ce cas-là a
tendance à se lier plus intimement au radical, grâce à la cheville d'une
consonne supplémentaire : compagnon, collègue, commensal…


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