PETITS ESPRITS, SORTS ET GAMBADES

Par: (pas credité)


Noël, fête chrétienne à vieille résonance païenne, se superpose à de nombreuses manifestations du solstice qui font intervenir des légendes multiples, et des personnages, en général sympathiques : des génies, plutôt petits, donc invisibles à la majorité des humains.

Les plus fréquents sont les lutins, qui appartiennent au monde nocturne, le plus souvent. Mais leur origine, le mot latin noitum (= marin) montre qu'ils étaient au départ en rapport avec le monde de la mer. C'étaient des monstres marins, fidèles de Neptune. Mais en français cette vieille histoire est oubliée, d'autant que leur nom est à rapprocher, par le suffixe, de diablotin.

Le mot s'utilise souvent au figuré : le lutin est une personne vive, délurée, presque insaisissable - en général une jeune fille gracieuse, légère, quasiment asexuée. Pourtant, le verbe lutiner qui en dérive, est plus grivois, puisqu'il renvoie au fait d'agacer une femme sous couvert de plaisanterie : caresses et pelotages rigolards et à la limite du graveleux.

De nombreux autres mots désignent les petits génies : Les farfadets, plutôt bienveillants (de fado : fée) Les feux follets, qui sont parfois assimilés aux précédents. En physique, le feu follet est une petite flamme fugitive qu'on peut voir dans un paysage de marais : combustion spontanée de certains gaz qui se dégagent de la décomposition de matières organiques. Là encore, on arrive au sens figuré : c'est quelqu'un qui papillonne, prend tout à la légère, pirouette, ne donne pas de prise …

Quant à la mythologie scandinave, elle est riche en lutins : Les trolls (qui entrent dans la littérature française au 19ème siècle et séduisent les romantiques, de même que les elfes). Les djinns viennent des pays arabes, tour à tour bons et mauvais. Et les kobolds, germaniques, sont gardiens des métaux précieux que renferme la terre (tradition cabaliste).

On trouve aussi des génies plus farceurs : Les gobelins, qui sur les bateaux, vivent dans la cale, et font des farces aux néophytes, pour les effrayer et leur tanner le cuir. Les korrigans, vraiment méchants, en Bretagne (et en Ecosse). Enfin, les goules (arabes) : très méchants, genre vampires, affreuses divinités féminines, elles se transforment en belles jeunes femmes, séduisent les voyageurs qu'elles égorgent pour boire leur sang.


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