HAVANE ET PANAMA

Par: (pas credité)


On va fumer des havanes pour fêter le quarantième anniversaire de la
révolution cubaine. Et sans se demander ce que c'est car le mot est
totalement passé dans l'usage : un havane est un gros cigare tel qu'on peut
en fabriquer à La Havane ; capitale de la république cubaine. Mais y a t-il
beaucoup de villes qui ont donné leur nom à des choses qu'on
fabrique ?

C'est surtout le cas pour des produits qu'on consomme - qu'on
fume, ou qu'on mange, ou qu'on boit. Ainsi, les fromages nous donnent-ils
l'exemple : du Camembert au Saint-Nectaire, du Roquefort au Coulommiers,
c'est avec son nez qu'on arpente le terroir. Et le principe déborde
d'ailleurs nos frontières : on a du Chester ou du Gorgonzola.

Les vins ne sont pas en reste; soit pour des régions entières qui se
regroupent derrière leur capitale (un bon Bordeaux, un petit Cahors),
soit pour des crûs dont l'énoncé seul fait rêver (et que de rêves, de
Listrac à Montrachet…). Pour l'international, le Porto y pourvoira.

Et que dire des eaux, même si leurs villes éponymes se sont faites marques
déposées : Vittel, Evian, Contrexéville, Saint-Galmier, même dont la
bouteille imite le gabarit du gringalet.

Dans tous ces exemples, le produit est si bien associé à la ville qu'il n'a
pas besoin d'être précisé : il a pris son autonomie. Mais, certaines
spécialités sont encore semi-autonomes.

Dans le contexte adéquat -mettons une charcuterie- on n'a pas besoin de
préciser ce qu'est une paire de Frankfort, opposée à une paire de Strasbourg,
on est dans la saucisse. Et si on compare le Parme et le Bayonne, on est dans
le jambon … Mais sorti de la boutique, ces toponymes alléchants s'accommodent
mal de l'ellipse.
Mais toute cette géographie reste bien orale.


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