STEWARD, HOTESSE ET PILOTE

Par: (pas credité)


Du rififi chez les pilotes ! Vous rendez-vous compte que Christian Paris,
porte-parole du SNPL (Syndicat National de Pilotes de Ligne), aurait
molesté Geoffroy Bouvet, ancien président de ce même syndicat.
Aujourd'hui, on juge l'affaire, et nous, on en profite pour parler de ceux
qui turbinent dans du plus lourd que l'air.

Le prince incontesté de tout ce petit monde, c'est le pilote. Galonné,
casquette, chemise blanche et hâle avantageux, ce play-boy volant a tous
les honneurs et une fonction qui vient de loin. "Pilote" vient du grec et a
surtout désigné en français celui qui guide un navire dans les passes
étroites. Cette image d'expert lui est restée et on l'utilise de nos jours
pour désigner ceux qui dirigent un engin dont la conduite demande quelque
technicité - voiture de course ou avion en particulier. On a répété
suffisamment qu'il en fallait parfois plusieurs (notamment dans les Airbus
A-320) pour qu'on ne s'étonne pas du mot "copilote" qui ne préjuge d'aucun
lien hiérarchique. Mais on parle aussi du navigateur, plus spécialement
chargé de tracer le cap et d'orienter l'appareil.

Ça, c'est pour faire avancer l'avion. Mais pour chouchouter les passagers,
on a besoin d'un personnel tout aussi qualifié. Et le chanteur de NTM qui
s'est récemment emporté en vol a permis indirectement qu'un hommage mérité
soit rendu à ces professions qui furent si à la mode : hôtesse de l'air et
steward.

Remarquons d'abord l'asymétrie flagrante : l'un n'est pas le masculin de
l'autre, ni l'une, le féminin d'icelui.
"Stewardesse" a pourtant existé, supplanté au début des années 50 par ces
"hôtesses". Doit-on s'en réjouir, comme si la langue française avait marqué
un point sur les anglicismes ? Si l'on veut, mais n'oublions pas que ces
hôtesses de l'air, symboles de la féminité conquérante de l'après-guerre,
sont des calques de l'anglais "air hostess". Dans l'usage courant, on parle
simplement d'"hôtesse" et le mot a émigré vers d'autres sphères (hôtesses
d'accueil, de salons, etc.).
Quant à "steward", c'est un vieux mot anglais, qu'on n'a jamais remplacé par
un équivalent français. Administrativement, pour éviter l'anglicisme, on
parle de "personnel navigant commercial". Le mot s'est tout doucement établi,
prononcé en général "stiouarde", alors qu'en argot de métier, on abrège,
mais à l'anglaise "stiou" ( = stew ). L'origine du mot vous intéresse ?
Le steward fut au départ un plébéien porcher, avant de désigner un
sénéchal, un majordome, un régisseur.

Emission coproduite avec le Centre national de documentation pédagogique (CNDP).


Go à la page principale d'archives