CORRUPTION

Par: (pas credité)


Les bruits persistants qui ont couru autour des pratiques du CIO ont
énergiquement réactivé le vocabulaire de la corruption. Non que tout soit
forcément vrai, bien sûr, mais on ne sait jamais. Corruption, au sens
propre, signifie pourrissement. Au sens figuré, on sait qu'il s'agit
d'utiliser son pouvoir ou son autorité non pas en fonction de sa
conscience, mais du prix qu'on les a payés : argent, cadeaux, avantages,
promesses distribués en général à des fonctionnaires, à ceux qui sont
investis d'un certain pouvoir par un Etat ou un organisme public : on ne
parle pas de corruption dans l'industrie privée. Tout fonctionnaire n'est
pas corrompu, et certains se targuent même d'être incorruptibles : on voit
que la famille se décline.

On trouve aussi toute une gamme de vocabulaire qui tourne autour de
l'argent qui graisse les mains qu'il ne devrait pas.
"Vendu !" terme injurieux pour désigner celui qui s'est laissé corrompre.
On ne crie pas à l'inverse : "Acheté !", mais l'image existe à propos de
ceux qui se laissent tenter : les footballeurs achetés par un club adverse
pour mettre un frein à leur ardeur naturelle.
"Soudoyer" est plus ou moins synonyme d'acheter. Le verbe dérive de solde.
Littéralement, "soudoyer quelqu'un", c'est lui donner des sous.
"Stipendier" (de stipendium = impôt), franchement recherché et rare, a le même sens et
la même image.
Mais on a aussi "suborner", qui ne s'emploie pratiquement que pour un témoin
convaincu de mentir par intérêt.
"Circonvenir" = entourer de près, donc se concilier quelqu'un par d'habiles
manœuvres.
Quand on "arrose", on a l'idée d'une corruption moins ponctuelle, plus
permanente, souvent collective, dont le but est que les arrosés en question
ferment les yeux, fassent comme s'ils ne savaient, ne voyaient rien.

Légèrement en décalage, un terme argotique récent : "ripoux", consacré par un
film avec Philippe Noiret et Thierry Lhermitte. C'est le verlan de "pourri",
et ça ne s'emploie qu'à propos de policiers qui exercent des activités
délictueuses à la faveur de leurs fonctions.

Avec quoi corrompt-on ? Si on a le temps, on parlera donc de commissions
(de com, en abrégé), un mot qui pourtant, au départ, correspond à des
pratiques commerciales ordinaires. Mais aussi de dessous-de-table,
pourboires, bakchichs - un mot turc, répandu en français à la fin du XIXème,
et qu'on trouve d'abord chez Nerval, dans le Voyage en Orient. Mais le mot
consacré reste pot-de-vin, dont l'origine est évidente (même image que
pourboire). Aujourd'hui, ce mot n'a plus que la signification de récompense
illicite et clandestine, destinée à détourner du droit chemin.



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