EXODE

Par: (pas credité)


La guerre en ex-Yougoslavie jette sur les routes des milliers de familles, quittant le Kosovo avec armes, bagages et enfants pour tenter de se réfugier ailleurs. C'est l'exode, mot dramatique qu'on emploie justement que dans ces situations où des populations civiles sont dépossédées de leur lieu d'habitation et chassées de chez elles, désorientées, ne sachant où aller et menacées de mort. La dernière fois, c'était au Rwanda ; c'est le tour des Balkans.

Le mot n'a pris cette acceptation en français qu'en mai-juin 1940, quand les civils français, terrifiés par l'avance de l'armée allemande, sont massivement partis vers le sud, au hasard, rarement en voiture, souvent en vélo ou à pied, face civile de la débâcle. On a donc un mot pour désigner ce phénomène, alors qu'on n'en a pas pour nommer ceux qui en sont les victimes. On parle, en général, des "réfugiés", anticipation ou abus de langage, puisqu'ils ne sont encore réfugiés nulle part. Ils fuient, sans être "fugitifs" ou "fuyards", ce qui impliquerait qu'ils se sont échappés contre le gré de leur geôlier (fugitifs) ou qu'ils ont détalé devant un ennemi qu'ils n'osaient pas combattre ("fuyards" qui de plus est moralement péjoratif : le "fuyard" passe pour un lâche).

Le mot d'"exode" renvoie en premier lieu à la Bible. C'est le titre du second livre qui raconte successivement la vocation de Moïse, la fuite des hébreux d'Egypte ("l'Exode" proprement dit) et (la promulgation de la Loi sur le Sinaï).

Mais ce mot a été à plusieurs reprises employé dans des contextes bien différents et modernes.

En particulier l'"exode rural", qui désigne la désertification des campagnes et des villages français depuis la fin de la dernière guerre, au profit des grandes villes, notamment de l'agglomération parisienne. On parle aussi de l'"exode des capitaux" (ou de fuite de capitaux), en particulier lorsque les investisseurs ou même les moyens et petits épargnants ont peur du collectivisme ou simplement d'une taxation du capital.

Enfin, on a parlé d'"exode des cerveaux" (ou parfois d'hémorragie des cerveaux) pour désigner le départ de nombreux scientifiques vers l'étranger, en particulier vers les Etats-Unis, pays où on leur offrait peut-être de meilleures conditions de travail et de salaire.




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