CHUCHOTER - SUSURRER - MURMURER

Par: (pas credité)


1) Chuchoter : vient de l'ancien français "chucheter" = parler à voix basse, qui s'est maintenu pour désigner le cri du moineau. Apparaît au XVIIe mais ne s'emploie vraiment qu'à partir du XVIIIe.

Au sens figuré, avec un sens péjoratif : jaser, faire courir le bruit.

Former sur l'onomatopée "chu" qui suggère l'idée d'un sifflement assourdi.

Cette onomatopée est également à la racine de :
Chut ! Interjection utilisée pour réclamer le silence.
Chuinter : désigner le cri de la chouette et, par extension, le sifflement de certains gaz ou liquides lorsqu'ils s'échappent.
Chuintant à une acception technique en phonétique et désigne la prononciation de certaines consonnes.
Chouette : le nom de l'animal, a lui aussi une origine onomatopéique.

2) Susurrer - du latin susurrare = murmurer, bourdonner, en parlant des abeilles. Ce latin est lui-même issu d'une racine sanscrite svarati, à laquelle se rattache les mots de la famille de sonare. A une valeur onomatopéique.

Introduit d'abord comme emploi intransitif, devient transitif au XVIIIe, avec un sens péjoratif parfois : susurrer des mots doux, des conseils intéressés, etc., souffler, glisser discrètement pour séduire ou tromper.

3) Murmurer / murmure. Etymologiquement : émettre un bruit sourd, un grondement.

S'est employé au sens "gronder, se plaindre confusément". Au sens figuré, par exemple, murmurer = gronder, protester pour le peuple, on parlait aussi du murmure populaire, pour désigner un mécontentement diffus mais perceptible (même sens que gronder).

Par la suite, il en vient à désigner le fait de parler à voix basse et par analogie, il désigne le bruit léger que font le vent, l'eau qui coule, etc. Evolution sans doute liée à l'évolution de la prononciation de "ou" en "u".

A la période moderne - "faire des commentaires à mi-voix" et "répandre des bruits". "On murmure dans les couloirs de l'assemblée que…".



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