VOCABULAIRE DU TOURNOI : LICE...

Par: (pas credité)


1) Mot d'origine francique "lista", désignant une barrière, une bordure.
La "lice" désignait, dans les tournois de chevalerie, la barrière qui séparait les combattants, le long de laquelle se déplaçaient les chevaux.
"Entrer en lice" est une expression qui a survécu avec un sens guerrier figuré = s'engager dans un débat, une polémique, entrer dans un affrontement quel qu'il soit.
Dans le vocabulaire sportif contemporain, sens édulcoré où a presque disparu l'idée de combat = débuter la compétition ; "X entre en lice aujourd'hui à Roland Garros", "entrée en lice des Français au tournoi de Y", etc.".

2) "Champion" : le mot vient également du tournoi = étymologie "campus" = champs. Le "champion" est celui qui combat en champ clos pour défendre sa cause ou celle qu'il a décidé de défendre. A l'époque de la vie courtoise, le chevalier se fait le défenseur de la cause de sa dame, il est son "champion". D'où l'expression "se faire le champion de" = se faire l'ardent défenseur d'une cause.
Par extension, dans le domaine sportif, le "champion" est celui qui triomphe dans une compétition. Cf. le surnom donné par les Italiens à Coppi : "il campionissimo" = valeur superlative difficile à traduire en français.
Il défend alors les "couleurs" de son parti qu'il affiche au cours du tournoi. Rappel du blason. Le choix de la couleur noire était signe de défi et de volonté de pousser le combat à mort, tout en refusant de se désigner publiquement (cf. Walter Scott, Ivanhoé) = le chevalier noir est suspect. L'expression "défendre les couleurs" s'est maintenue : via d'abord les courses de chevaux (couleurs des casaques qui désignent les propriétaires) puis les habitudes nationales (drapeau).

3) "Rompre une lance (des lances) pour (quelqu'un) avec" : combattre pour quelqu'un ou contre quelqu'un : sensiblement synonyme de "joute".
"Rompre en visière" : affronter quelqu'un de face, le contredire directement dans un débat = allusion au tournoi lorsqu'on visait la visière du casque de l'adversaire, en acceptant le combat face à face.



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