SONDE/SONDER

Par: (pas credité)


1) Etymologie. Le mot apparaît au Moyen Age, chez Chrétien de Troyes. Vient probablement des langues nordiques de la racine "sund" = mer. Cette racine, intégrée dans de nombreux composés aurait été mal interprétée. Le sens de "mer" aurait été remplacé par celui des composés qui indiquait l'idée de recherche "sungyrd", perche pour sonder, "sundrap" corde pour sonder, etc.
Une autre hypothèse rattache le mot à "subundare" (latin) composé de sub (sous) et unda (onde, eau).
Au départ (XIIème siècle), le mot désigne un instrument composé d'une ligne lestée de plomb destiné à mesurer la profondeur de l'eau. De là, vient l'expression "coup de sonde" qui a pris une valeur figurée = "estimation rapide de l'opinion d'un individu ou d'un groupe".

2) Le sens médical de "sonde", instrument destiné à explorer certains organes, ou à évacuer les liquides de ces mêmes organes, est attesté dès le XVIème siècle.
De là, dérivent des emplois techniques où le mot désigne, toujours dans un contexte scientifique, divers instruments destinés à explorer des substances nouvelles. Le sens de "sonde spatiale" est à comprendre dans ce contexte. Il a été précédé par exemple de "ballon sonde" pour désigner un ballon chargé d'étudier les altitudes.

3) Le verbe "sonder" a initialement le même sens que le substantif (mesurer au moyen d'une sonde).
D'où une série d'emplois dérivés avec l'idée d'examiner à fond :
- "Sonder les cœurs", "sonder les reins et les cœurs" (expression souvent rapportée à un sujet omniscient, Dieu)
- Plus tard (XVIIIème) : "sonder le terrain" = d'abord au sens concret, puis figuré : tester les intentions de quelqu'un (on dit plus volontiers aujourd'hui "tâter le terrain").
- "Sonder les intentions de quelqu'un" : pressentir, analyser ses dispositions dans une affaire, chercher à savoir ce qu'il compte faire.

4) "Sondage" : Initialement, le mot renvoie à l'action de "sonder" pour connaître un terrain : on fait des "sondages" pour savoir s'il y a de l'eau ou du pétrole dans une couche de terrain. Ici, prédomine l'idée d'exploration qu'on trouve déjà dans la notion de "sonde" spatiale.
Le mot a pris une importance nouvelle avec l'emploi du verbe "sonder" dans le registre de l'opinion : tester l'opinion par le biais de mesures liées à une enquête. A noter l'usage de ce verbe avec son sens initial de mesure : "sonder" c'est en effet mesurer l'opinion par le biais d'une enquête chiffrée (statistique). L'idée d'exploration subsiste, mais associée à celle de mesure objective.

5) Autre dérivé, "insondable" : souvent utilisé au sens figuré pour signifier "non mesurable, non identifiable" avec une connotation négative liée à l'idée de quelque chose de mystérieux, de profond : il est d'une bêtise "insondable" = il vaut mieux ne pas l'explorer.
Sondeur : dérivé des sondages : celui qui effectue ce genre d'enquêtes.




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