TAX FREE SHOP-DUTY FREE SHOP

Par: (pas credité)


Le 30 juin, c'en est fini des boutiques hors taxes qui faisaient la joie des voyageurs qui passaient d'un pays de l'Union Européenne à un autre. Il y a bien eu un sursis, mais cette fois, on ferme. Un ou deux anglicismes de moins ? Il est vrai que bien souvent, on appelait ces boutiques libres de taxes, exemptées de taxes -ou de droits- qui est la traduction littérale de duty. On y vendait des produits non soumis aux taxes en vigueur dans les différents pays parce que ces boutiques se trouvaient dans des zones intermédiaires entre les pays : aéroports, avions, bateaux, etc. où l'on proposait aux voyageurs des produits fortement taxés et des produits de luxe : cigarettes, alcool, bijoux, montres…

"Taxe" désigne essentiellement un impôt indirect, perçu à l'occasion d'un acte commercial. La plus connue actuellement est, bien sûr, la TVA, taxe à la valeur ajoutée. A ce propos, deux sigles courants dans le vocabulaire français : HT et TTC, respectivement hors taxe et toutes taxes comprises, qui spécifie le prix d'une durée ou d'un service sans ou avec taxe.

Le mot vient du latin et avant du grec. Le premier sens du verbe en ancien français a été : régler les frais de justice, puis faire payer un impôt à quelqu'un, enfin mettre un impôt sur un produit, mais ce verbe peut encore aujourd'hui se comprendre avec un complément qui est une personne : l'Etat doit taxer les riches. Les célibataires sont plus taxés que les autres.

Le sens argotique se comprend très aisément : "taxer", c'est voler.
Mais il s'est employé dans une circonstance particulière : "on m'a taxé mon blouson", ma montre : c'est-à-dire on les a volés dans la rue, sous la menace : les voleurs prélèvent leur dîme (on ne m'a pas tout pris : juste ma montre). Mais attention, le mot s'emploie aussi lorsque cette taxation est moins malhonnête : "depuis tout à l'heure, t'arrêtes pas de me taxer mes clopes". Et le mot s'utilise tout aussi facilement lorsqu'un vrai vol a été commis avec la plus grande discrétion (un pickpocket par exemple - "vingt dieux, on m'a taxé mon portefeuille !")

Enfin, un sens figuré bien différent existe depuis toujours en français, dans la mesure où il existait déjà pour le latin "taxare". "Il a été taxé de faiblesse, d'incompétence, de partialité" = il a été accusé de faiblesse. Ou même "il m'a taxé de crétin" = il m'a traité de crétin. Mais on est dans un langage assez soutenu.




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