PROBLEME

Par: (pas credité)


Les "problèmes" de la normalisation de la situation au Kosovo, de la relance du processus de paix au Proche-Orient, que je sais-je encore… Des "problèmes", il y en a partout et le monde en a. Mais le mot a bigrement évolué.

Au départ, le mot est sérieux et solennel. Il appartenait au vocabulaire philosophique et théologique : on parle du "problème" de la grâce, et de celui du mal, au XVIIème siècle. Puis le terme entre dans le langage mathématique avec le sens de question à résoudre.

Ce qui explique son sens scolaire ; un "problème" de maths, par exemple, c'est une série de questions articulées les unes aux autres, avec souvent dans l'énoncé (c'est-à-dire la présentation), une petite anecdote qui a nourri toute l'imagerie de l'école républicaine française : robinets, trains, sacs de billes inégalement partagées.

De ces emplois, dérive le mot "problématique". En tant qu'adjectif, il signifie "qui ne va pas de soi". Mais en tant que nom commun, il désigne en philosophie, un ensemble cohérent et logique de questions ordonnées selon un certain point de vue.

Le mot "problème", à partir du XVIIIème prend aussi le sens de "difficultés", qu'il a encore aujourd'hui : on parle des "problèmes" de circulation, de pollution, etc. Et il a encore le sens de question difficile à résoudre : le "problème" des réfugiés…

Et surtout, de nos jours, il désigne des "difficultés" psychologiques ou relationnelles : "un type à problème" ; "j'ai des problèmes avec mes enfants"… Et le mot est si courant qu'on l'emploie aussi à la négative pour dire oui, bien sûr : "pas de problème !"




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