FROMAGE

Par: (pas credité)


"Si je suis en retard de dix minutes, vous n'allez quand même pas en faire un fromage"… C'est-à-dire toute une histoire.
Le "fromage", image du tas sur l'assiette, est donc souvent l'image de quelque chose de gonflé, exagéré…

Mais les sens familiers du mot sont souvent très différents :

Un "fromage", c'est souvent une planque, un travail facile et relativement bien rémunéré, donc quelque chose de convoité ; image donc du "fromage" à la fois goûteux et nourrissant. Et la fable de La Fontaine sur le rat caché dans un fromage atteste l'ancienneté de cette association.

Maintenant, il y a aussi des types de fromages qu'on associe à des idées particulières : le camembert, emblème des fromages de France, est connu pour sentir fort. Pourtant, il sent bien moins fort que d'autres, comme le "Maroilles" ou le "Munster". Mais voilà, c'est le camembert qui s'y colle, et même en Afrique, on a formé le verbe "camembérer", pour dire sentir fort, en particulier sentir fort des pieds.

Et pour le "Roquefort", c'est le hasard de son assonance qui en fait un autre prototype du fromage fort, et qui nous donne l'exclamation pittoresque : "c'est plus fort que du Roquefort", pour dire c'est étonnant ou même c'est scandaleux. En fait, c'est un intensif de "c'est trop fort".

Et le "Gruyère", on le dit plein de trous. Ce n'est pas vrai : l'"Emmental" en a beaucoup plus ; mais c'est le gruyère qu'on cite, notamment à propos d'un sous-sol lacunaire, d'un savoir imparfait ou même d'un cerveau fatigué.




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